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Alep : "Les besoins humanitaires restent importants pour les évacués"

Des dizaines de milliers de civils ont été évacués d'Alep-Est ces derniers jours, notamment avec l'aide du Comité International de la Croix-Rouge. Mais pour son porte-parole, les besoins humanitaires restent importants et indispensables.

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Radio France
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Des Syriens évacués d'Alep-Est arrivent à l'Ouest de la ville. Décembre 2016. (OMAR HAJ KADOUR / AFP)

Les opérations d'évacuation d'Alep-Est en Syrie, lancée le 15 décembre dernier, sont terminées. Au moins 35 000 personnes sont sorties de ce dernier bastion des rebelles dans la ville, d'après le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Mais pour Frédéric Joli, son porte-parole, il reste encore beaucoup à faire pour venir en aide à ces évacués. Il répond à France Info.

franceinfo : Comment s'est déroulée l'évacuation des civils d'Alep-Est ?

Frédéric Joli : La semaine dernière a été extrêmement compliquée avec les ordres et les contre-ordres. Des dizaines de milliers de personnes ont vécu dans des conditions épouvantables, à cause de l'insécurité mais aussi à cause de la météo avec des températures en dessous de zéro. Mais la mission a été accomplie et on peut dire que depuis ce week-end, l'opération est terminée. Maintenant, les besoins humanitaires restent importants pour ces gens qui ont rejoint des abris collectifs déjà surpeuplés ou alors qui ont été déplacés vers d'autres zones. Mais vu leur nombre, l'urgence humanitaire reste la même pour nous, à savoir, la nourriture, de l'eau, du chauffage...etc.

Avez-vous repéré beaucoup de blessés ? Beaucoup d'enfants parmi ces Syriens pris au piège ?

Il y avait effectivement beaucoup de personnes vulnérables. Le Croissant-Rouge arabe syrien et nous-mêmes sommes parvenus à évacuer une centaine de blessés graves ou de malades nécessitant des soins urgents. Pour autant, la situation sanitaire de toutes les populations évacuées est loin d'être satisfaisante, à cause du froid, des privations, des pénuries qui existent depuis des mois, voire des années.

Beaucoup de ces civils ont été évacués à l'Ouest d'Alep. Est-ce que cette partie de la ville est sécurisée ?

Tous les acteurs du conflit s'étaient mis d'accord pour que ces évacuations se fassent du côté d'Alep mais il y aussi eu une négociation parallèle avec les gens qui se trouvaient bloqués du côté de la province (rebelle) d'Idleb. Notre préoccupation est d'assurer la protection de tous ces personnes qui se déplacent à travers les convois et essayer d'avoir des garanties sur l'accueil qui sera fait dans les différentes zones.

Depuis quelques heures, les avions russes intensifient justement leurs bombardements sur la province d'Idleb. Est-ce qu'elle peut devenir la prochaine "Alep" ?

Malheureusement, nous n'avons pas de boule de cristal, mais c'est vrai que depuis 2011, on a vu que tout était possible en Syrie. On espère que les négociations et les trêves qui ont été plus ou moins respectées pour permettre un accès humanitaire, soient de plus en plus respectées. Ce n'est pas l'humanitaire qui va régler le problème syrien, c'est véritablement le politique. Je crois que ça suffit. Maintenant, ça fait plus de cinq ans que la situation est épouvantable pour la population. Il faut vraiment que l'action humanitaire soit respectée et qu'enfin, au niveau politique, toute décision qui vise à améliorer la situation des civils soit bonne à prendre. 

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