Une femme pilote des Emirats arabes unis bombarde l'Etat islamique

Mariam Al-Mansouri, 35 ans, est la première femme émiratie à piloter un avion de combat.

La pilote émiratie Mariam Al-Mansouri, le 25 septembre 2014.
La pilote émiratie Mariam Al-Mansouri, le 25 septembre 2014. (WAM / AFP)

Le symbole est fort. Une femme pilote des Emirats arabes unis a participé aux premières frappes aériennes menées mardi en Syrie par Washington et ses alliés contre l'Etat islamique.

Le commandant Mariam Al-Mansouri a "non seulement piloté un avion [de combat], mais a commandé une escadrille" de l'armée de l'air des Emirats, qui a participé à ces raids, a indiqué une source émiratie. A 35 ans, elle a été la première femme émiratie à piloter un avion de combat, selon les médias du pays.

"L'homme et la femme ont le droit d'intégrer tous les domaines"

Elle avait défendu plusieurs fois à la télévision le droit des femmes à servir leur pays, y compris dans l'armée. "L'homme et la femme ont le droit d'intégrer tous les domaines (...) pour se hisser au plus haut niveau", avait-elle déclaré récemment à la télévision d'Etat d'Abou DhabiLa jeune femme, diplômée en 2007 du Khalifabin Zayed Air Force College, a dit "s'être lancée des défis à elle-même pour améliorer ses compétences" et s'imposer face à ses collègues masculins.

Sa mission en Syrie a trouvé rapidement un écho sur Twitter. Plusieurs tweets lui ont rendu hommage pour son engagement et salué le rôle croissant que jouent les femmes aux Emirats, un pays plutôt conservateur.

Des menaces contre la femme pilote

Pour le chercheur Mathieu Guidère, interrogé par Le Figaro, "la mise en avant de femmes combattantes fait clairement partie d'une stratégie de propagande pour humilier l'Etat islamique. Ils devront se battre contre des femmes, alors qu'ils les considèrent comme inférieures aux hommes".

Des extrémistes ont attaqué la femme pilote et proféré des menaces à son encontre. "On ne doit pas oublier le visage d'un criminel. Gardez-le en mémoire jusqu'à ce qu'il soit puni", a menacé un partisan de l'EI, alors qu'un autre tweet a dénoncé "une pilote émiratie criminelle".

Des pilotes saoudiens ayant participé aux frappes mardi ont, pour leur part, fait l'objet de menaces de mort mercredi sur les réseaux sociaux de la part de l'EI, après la publication de leurs photos par des médias. Parmi ces pilotes figure le prince Khaled Ben Salmane, fils du prince héritier saoudien, selon des journaux saoudiens.