"Tant que Daech ne sera pas vaincu, il importe que la coalition puisse poursuivre son action", assure Jean-Yves Le Drian en Irak

Près d’un mois après l’annonce par le président Donald Trump du retrait des forces américaines de Syrie, le ministre des Affaires étrangères, en déplacement lundi en Irak, a assuré que la France resterait en Irak et n’abandonnera pas la guerre contre le groupe État islamique.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors d\'une session de questions aux gouvernement à l\'Assemblée nationale le 19 décembre 2018.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors d'une session de questions aux gouvernement à l'Assemblée nationale le 19 décembre 2018. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Jean-Yves Le Drian entame lundi 14 janvier une visite de deux jours en Irak. Le ministre des Affaires étrangères se rend à Bagdad près d’un mois après l’annonce par le président Donald Trump du retrait des forces américaines de Syrie. La France se rend à son tour dans le pays pour afficher son soutien aux Irakiens et faire passer le message qu’elle n’abandonne pas la guerre contre le groupe État islamique. 

franceinfo : Comment avez-vous reçu l'annonce du retrait des forces américaines de Syrie ?

Jean-Yves Le Drian : Nous avons appris le retrait des États-Unis de Syrie de manière très brutale. Nous avons fait savoir aux États-Unis que nous ne comprenions pas cette rapidité parce que Daech n'est toujours pas vaincu en Syrie. Autant le périmètre territorial de Daech en Irak a été éradiqué, autant, en Syrie, ce n'est pas fini. Notre priorité, la raison de notre présence, c'est de combattre le terrorisme qui nous a touchés et qui a fait de nombreuses victimes en France, et qui est singulièrement organisé à partir du nord-est syrien. Depuis quelques jours, à la suite des entretiens entre le président Macron et le président Trump, les Etats-Unis ont fait savoir qu'ils assureraient leur départ de manière coordonnée, de manière progressive. C'est plutôt une avancée. Mais tant que l'ennemi, Daech, ne sera pas vaincu, il importe que la coalition puisse poursuivre son action et son combat. Les Etats-Unis sont un élément essentiel de cette action. C'est la raison principale pour laquelle nous sommes présents dans cette zone.

Est-ce que le message de la France, c'est de dire aux Irakiens et à la région que les Etats-Unis s'en vont, mais que la France reste ?

La France est présente en Irak, la coalition aussi. Elle se réunira à Washington en février pour décider de la suite de son action. Pour l'instant, nous sommes là et nous restons.

Que peut faire la France sans l'appui des Américains ?

Il y a deux sujets différents. Il y a d'abord l'accompagnement de l'Irak dans la reconquête de sa souveraineté, et y compris de sa propre sécurité militaire. Sur cet aspect, nous avons des militaires français qui assurent la formation des unités d'élite irakiennes. Le deuxième sujet, c'est la situation en Syrie. Nous pensons qu'il est indispensable que le processus politique puisse se poursuivre. La France agit auprès de l'ensemble des acteurs de la région pour aboutir à ce que le processus de paix puisse se mettre en œuvre. Le processus de paix est simple. Cela veut dire, d'abord, une modification de la Constitution. Nous n'y sommes pas. Cela veut dire, ensuite, un processus électoral, la reconnaissance que les réfugiés et les déplacés, qui sont nombreux en Syrie, puissent avoir le droit de vote et que les élections se passent de manière transparente. Cela veut dire, parallèlement, le développement de l'aide humanitaire et le début de la reconstruction. Nous sommes dans cette logique. La question principale, c'est le processus politique en Syrie.