Syrie : une femme enlève son voile intégral après le départ de l'Etat islamique de son village

Son village près de Minbej en Syrie a été libéré par les combattants arabo-kurdes. La zone est le lieu d'intenses combats entre le groupe jihadiste et les Forces démocratiques syriennes.

Une habitante enlève son voile intégral, après le départ de l\'Etat islamique et la prise de contrôle de son village près de Minbej en Syrie par les Forces démocratiques syriennes, le 9 juin 2016.
Une habitante enlève son voile intégral, après le départ de l'Etat islamique et la prise de contrôle de son village près de Minbej en Syrie par les Forces démocratiques syriennes, le 9 juin 2016. (RODI SAID / REUTERS)

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les frappes américaines encerclent la ville de Minjeb en Syrie, depuis le vendredi 10 juin. En assiégeant ce fief de l'Etat islamique, les combattants arabo-kurdes privent ainsi les jihadistes de leur principal axe de ravitaillement avec la Turquie.

Les combats pour reprendre Minbej ont fait au moins 218 morts (159 jihadistes, 22 combattants FDS et 37 civils).  Les forces arabo-kurdes ont déjà repris 79 villages aux jihadistes. C'est dans l'un de ses villages qu'un photographe de l'agence Reuters a pris plusieurs clichés d'une femme en train d'enlever son niqab, son voile intégral. 

Une habitante d\'un village près de Minbej, en Syrie, le 9 juin 2016
Une habitante d'un village près de Minbej, en Syrie, le 9 juin 2016 (RODI SAID / REUTERS)

Une habitante enlève son voile intégral, après le départ de l\'Etat islamique et la prise de contrôle de son village près de Minbej en Syrie par les Forces démocratiques syriennes, le 9 juin 2016.
Une habitante enlève son voile intégral, après le départ de l'Etat islamique et la prise de contrôle de son village près de Minbej en Syrie par les Forces démocratiques syriennes, le 9 juin 2016. (RODI SAID / REUTERS)

"Cachez vos yeux, soeurs"

A 13 km au sud-est de Minbej, dans le village de Jebb Hassan Agha, un homme témoigne de son soulagement. "Nous sommes ravis car nous sommes désormais en sécurité. On espère que Minbej sera libérée car nous avons nos proches là-bas", dit cet habitant, entouré de plusieurs enfants. Il raconte comment les jihadistes, quand ils contrôlaient de Jebb Hassan Agha, les "harcelaient tout le temps".

"Que Dieu les maudisse", lance Doha Hajj Ali, une villageoise au voile vert. "Ils disaient aux femmes 'cachez vos yeux, soeurs' ou encore 'N'ayez pas peur de nous, ayez peur seulement de Dieu'. "Tout était interdit : le maquillage, les fêtes, les mariages".

Les combats continuent entre l'Etat islamique et les forces arabo-kurdes. Des dizaines de milliers de civils restent pris au piège à Minbej. "Les avions de la coalition internationale bombardent en permanence Minbej et les dizaines de milliers de civils qui s'y trouvent encore ne peuvent pas sortir car toutes les routes autour de la ville ont été coupées", a affirmé Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.