Cet article date de plus de cinq ans.

En Irak, la bataille de Mossoul se prépare contre le groupe Etat islamique

Les forces kurdes et irakiennes, soutenues par la coalition, préparent l'offensive sur la capitale du Kurdistan irakien. Philippe Randé, envoyé spécial de Radio France en Irak, nous emmène à quelques kilomètres seulement à l’est de Mossoul, avec les combattants kurdes.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Près de Mossoul sur le front face au groupe Etat Islamique, les combats sont quotidiens. (Philippe Randé)

La bataille de Mossoul se prépare activement. A quelques kilomètres de la capitale du Kurdistan irakien, sur la ligne de front la plus proche, la guerre est quotidienne en ce début octobre. Sur une colline, des petits bunkers sont entourés de sacs de sable, une légère ouverture laisse entrevoir les canons kurdes. La guerre est devenue une routine pour Rader, un combattant kurde qui combat ici depuis des mois. Il montre du doigt : "Ça, c’est Mossoul. Daech bombarde juste devant nous, avec des mortiers, et derrière nous il y a les chars turcs qui nous aident sur le front et qui bombardent Daech. Ce que nous entendons ce sont les canons des Turcs qui tirent sur Daech et Daech qui nous tire dessus."

Il a quelques jours un obus de mortier est tombé à nos pied et un de mes amis a été blessé.

Rader, combattant kurde

La bataille de Mossoul se prépare à quelques kilomètres de la ville : le reportage de Philippe Randé
écouter

Soudain, une énorme détonation, la terre ocre se soulève, entraînant un grand nuage de poussière. Les jihadistes viennent de tirer à moins de 100 mètres du poste. Accroupi derrière un mur, Reskard, caque blanc sur la tête, observe la situation : "C’est tombé juste là, mais je ne sais pas s’ils ont tiré au mortier ou à la mitrailleuse lourde, la douchka… Les jihadistes sont à moins de quatre à cinq kilomètres de nous. Pour eux, ce sont les derniers préparatifs avant la bataille de Mossoul. Ils sont affaiblis et moins nombreux, ils ne peuvent pas prendre nos positions, alors ils nous harcèlent, frappent puis reculent. "

Un peu plus loin, dans le camp de commandement, près d’une ambulance prête à évacuer des blessés, un talkie-walkie diffuse les discussions des jihadistes. Des discutions que les Kurdes ont réussi à intercepter. Baran Doski est le général des peshmergas, les combattants kurdes : "Ça fait plus d’une semaine qu’ils nous lancent des mortiers et que les échanges de tirs s’intensifient. Ce soir, par exemple, une vingtaine de voitures du groupe Etat islamique est venue dans notre direction. Pour la bataille de Mossoul, on va jouer un rôle très important. L’idée est d’ouvrir un corridor vers le centre de Mossoul et d’aider les civils à fuir, il y a des réunions en ce moment avec l’armée irakienne pour qu’ils viennent participer."

C’est de plus en plus tendu, notre front est très stratégique

Baran Doski,
général peshmerga

Les forces irakiennes, elles, sont sur un autre front, à Al-Qayyarah, à 60 kilomètres au sud de Mossoul. A proximité, la coalition militaire dirigée par les Etats-Unis est là pour les appuyer.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Etat islamique

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.