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Persécutés, les chrétiens d'Irak témoignent

Alors que la France va saisir le Conseil de sécurité de l'ONU, demandant la condamnation des crimes commis par l'Etat islamique en Irak et au Levant (EILL), plusieurs médias recueillent les témoignages de chrétiens. 

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Des chrétiens irakiens sortent de la messe, le 20 juillet 2014, à Arbil, capitale de la région autonome du Kurdistan, où ils ont trouvé refuge. (SAFIN HAMED / AFP)

La France va saisir le Conseil de sécurité de l'ONU. Elle entend obtenir une condamnation des crimes commis par l'Etat islamique en Irak (EIIL), notamment à l'encontre des minorités religieuses, ont indiqué le ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius et le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, dans un communiqué publié vendredi 1er août. 

Face à la dégradation de la situation dans le pays, la France a affirmé, fin juillet, être prête à accorder l'asile aux chrétiens d'Orient. Car dans la région, et plus particulièrement dans la région de Mossoul, tombée aux mains des insurgés islamistes et, depuis, régie par la charia (la loi islamique), les Chaldéens, de confession catholique, sont persécutés. Les consulats français à Bagdad et Erbil ont également reçu pour instruction d'accueillir et de protéger les déplacés "si l'urgence le justifiait". Ces derniers jours, des témoignages font état de la situation sur place. 

"Tous les gens que je connais ont quitté Mossoul"

Parmi les quelques familles interrogées par l'AFP, toutes déclarent être parties dès le début de l'offensive des jihadistes dans cette ville qui, selon le patriarche chaldéen Louis Sako, comptait 35 000 chrétiens avant le début de l'offensive. "Tous les gens que je connais ont quitté Mossoul (...) Je pense qu'il y a seulement cinq familles qui sont restées dans toute la ville", explique un père de famille qui témoigne le visage dissimulé. Face à ces menaces de mort, les chrétiens de Mossoul n'ont guère d'autre choix que de fuir la ville, expliquait-on dans cet article

"Nous avons fui dès le début du conflit", dit un autre, effrayé, raconte-t-il, par l'approche des combats. Cet exode des familles chrétiennes de Mossoul les mènent plus à l'est ou au sud, dans le Kurdistan irakien, à Arbil (à plus de 90 km de là) ou Kirkouk (à 180 km, au sud). "Nous avons reçu près de 300 familles, explique D. Meti, prêtre à l'église d'Um Al-Nour, à Erbil, cité par l'AFP. Elles sont hébergées dans le hall de l'église et dans les maisons de leur parents et amis." 

"Nos voisins musulmans étaient nos amis"

"Avant, nous vivions en paix, nos voisins musulmans étaient nos amis", déplore Bassam, rencontré à Istanbul (Turquie) par RTL. Des voisins qui, dit-il, l'ont dénoncé aux jihadistes. Dans La Croix, une mère de famille raconte quant à elle avoir été secourue avec sa famille par son voisin musulman qui "nous a pris en voiture pour passer les check-points sans encombre."

Mais le témoignage de Namrod nuance : les jihadistes de l'EILL, qui comptent en leur rang des Pakistanais ou encore des Saoudiens, recrutent, "pour savoir qui est chrétien dans une ville qu’ils ne connaissent pas, des indics parmi la population." Les maisons où vivent des chrétiens sont ainsi marquées d'un "n", pour "Nazaréen", terme utilisé dans le Coran pour désigner les chrétiens.

"Tout ce que je possédais, l'EIIL l'a pris"

Maison, voiture, argent... "Tout ce que je possédais, l'Etat islamique l'a pris, déplore Bassam, cité par RTL. Ils détruisent tout ce qui est chrétien, même les cimetières." Tous les témoignages rapportent l'appropriation systématique des biens des Chaldéens. "Après nous avoir dépouillés de tout, ils m’ont réclamé ma bague de mariage, raconte Atimat, mère de famille citée par La Croix. Pas moyen de la retirer ! L’un d’eux est alors revenu avec une hache, j’ai juste eu le temps de m’en débarrasser avec de la salive… "

Namrod, interviewé par le quotidien, confirme : au téléphone, "mon collège de bureau m’a froidement annoncé que notre maison était désormais la propriété de l’islam et qu’il me fallait débourser 100 000 dollars pour espérer la récupérer !"

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