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Mort du chef du groupe l'État islamique : en Syrie, des sanctuaires de Daech

Le chef du groupe État islamique, dont la mort a été annoncée par le président américain Joe Biden jeudi, avait trouvé refuge dans la "poche d'Idlib", en Syrie, devenue un sanctuaire pour les jihadistes, et qui échappe au contrôle de Bachar Al-Assad.

Article rédigé par Christian Chesnot
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des Syriens se rassemblent après un raid nocturne des forces d'opérations spéciales américaines contre des jihadistes présumés dans la province d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, le 3 février 2022. (AAREF WATAD / AFP)

Le président américain Joe Biden a annoncé jeudi 3 février la mort de l'émir du groupe État islamique, Abou Ibrahim Al-Hachimi Al-Kourachi, dans une localité à la frontière turque au nord-ouest de la Syrie, dans ce qu'on appelle "la poche d'Idlib", devenue un sanctuaire pour les jihadistes.

La région d’Idlib échappe en effet au contrôle de Bachar Al-Assad et constitue aujourd'hui un repère de jihadistes. La zone est contrôlée par la branche syrienne d'Al-Qaïda, le puissant groupe Hayat Tahrir Al-Cham. On y trouve également des groupuscules, ainsi que des combattants de Daech, comme vient de le montrer l'opération des forces spéciales américaines contre le chef du groupe État islamique.

Daech loin d'être complètement éradiqué

Dans ce cul-de-sac où s'entassent des centaines de milliers de réfugiés syriens, les services de renseignement turcs ont leurs yeux et leurs oreilles sur place et savent exactement ce qui s'y passe. Les jihadistes font d'ailleurs des va-et-vient en Turquie pour se faire soigner ou se reposer. Les hommes du groupe État islamique sont par ailleurs aussi très actifs dans la région située à l'autre extrémité de la Syrie, dans le nord-est à la frontière irakienne.

La récente attaque de la prison de Hassaké, où sont détenus des milliers de jihadistes, a montré que Daech était loin d'avoir été complètement éradiqué. Eparpillés dans le désert et des villages isolés, ses combattants ont prouvé qu'ils étaient de nouveau capable de mener des raids sophistiqués de grande envergure.

L'idéologie prospère sur les séquelles de la guerre

La mort du chef du groupe État islamique est-elle un coup dur pour les jihadistes ? Un successeur à Abou Ibrahim Al-Hachimi Al-Qourachi, prendra sans doute la relève dans les prochaines semaines. Il faut savoir que les groupes de combattants, qui vivent en clandestinité, ont une grande autonomie sur le terrain et continueront à lancer des attaques et harceler tous ceux qu'ils considèrent comme leurs ennemis...

Si les dirigeants du groupe État islamiste ont disparu, comme le pseudo calife Abou Baker Al Baghdadi en 2019 ou aujourd'hui son successeur, l'idéologie extrémiste du groupe État islamique continue, elle, de prospérer sur les séquelles de la guerre en Syrie et en Irak. Pire : comme un cancer qui se propage, des métastases terroristes ont proliféré du Moyen-Orient jusqu'en Afghanistan et en Afrique, nouveaux fronts du jihad. La guerre sainte se globalise.

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