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Décapitation de Peter Kassig : un second Français pourrait être impliqué

Le procureur de Paris a ouvert une enquête, lundi, pour assassinat en bande organisée et association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste après la diffusion d'une vidéo de l'Etat islamique où un otage américain est exécuté.

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France Télévisions
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Photographie de Peter Kassig, otage américain décapité par le groupe Etat islamique, datée du 4 octobre 2014 et fournie par sa famille. ( AFP )

Le procureur de Paris, François Molins, a annoncé l'ouverture d'une enquête pour assassinat en bande organisée et association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste, lundi 17 novembre. Sa déclaration intervient après la diffusion dimanche d'une vidéo par le groupe Etat islamique annonçant la décapitation de l'otage américain Peter Kassig.

Cette enquête vise Maxime Hauchard, un jeune Normand présent dans la vidéo, mais pourrait aussi concerner un autre Français, soupçonné d'apparaître également sur ces images. "Il pourrait s'agir, compte tenu des éléments de ressemblance, d'un jeune converti né en 1992 et parti rejoindre les rangs de l'Etat islamique en août 2013", a affirmé, François Molins, le procureur de la République de Paris. Ce jeune homme, dont l'identité n'a pas été dévoilée, "fait l'objet d'un mandat d'arrêt" dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en octobre 2013.

109 Français jihadistes présumés mis en examen

François Molins a, en revanche, indiqué que Maxime Hauchard était "connu des services de renseignements et de la section antiterroriste du parquet de Paris". Le jeune homme, né en mars 1992, a quitté la France pour la Syrie, via Istanbul, le 17 août 2013, "sous couvert d'actions humanitaires"

Quatre-vingt treize procédures judiciaires visent actuellement des Français jihadistes présumés, a indiqué le procureur de Paris, évoquant un contentieux "dont l'ampleur est inédite". En tout, 109 personnes ont été mises en examen, et 76 d'entre elles ont été écrouées. Trente-trois ont été placées sous contrôle judiciaire. 

Un jihadiste sur cinq venus de France est un converti

Quelque 1 132 Français sont impliqués dans les filières de départs vers la Syrie et l'Irak, qu'ils soient sur place, en transit ou revenus. Ils sont 376 dans la zone, dont 88 femmes et 10 mineurs. Manuel Valls a précisé que 49 Français sont morts en Syrie.

Ces jihadistes ne sont pas des jeunes fragilisés socialement, mais sont au contraire majoritairement issus de classes moyennes, selon une étude du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI). Et à l'image de Maxime Hauchard, ils sont recrutés à 91% sur internet. Un jihadiste sur cinq, venus de France pour combattre en Syrie et en Irak, est un converti. La proportion est jugée importante par les spécialistes.

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