Syrie : les chrétiens assyriens fuient l'Etat islamique après des rapts massifs

Leur exode intervient après l'enlèvement par les jihadistes de 220 membres de cette minorité dans la province de Hassaké, bordée par la Turquie et l'Irak.

Des membres présumés du groupe Etat islamique dans la région de Hassaké (Syrie), image diffusée sur Twitter le 9 juin 2014.
Des membres présumés du groupe Etat islamique dans la région de Hassaké (Syrie), image diffusée sur Twitter le 9 juin 2014. (ALBARAKA NEWS / AFP)

Après le rapt de dizaines des leurs, ils ont choisi l'exode. Environ 5 000 membres de la minorité chrétienne des Assyriens ont fui la Syrie, menacés par les avancées des jihadistes de l'Etat islamique (EI). Près de 1 000 familles ont ainsi quitté leur domicile dans le nord-est syrien depuis lundi 23 février pour trouver refuge dans les villes de Hassaké et de Qamichli, selon Oussa Edward, directeur du Réseau assyrien des droits de l'Homme basé en Suède.

Les enlèvements de masse des jihadistes

Cet exode a suivi l'enlèvement par l'EI, depuis le début de la semaine, de 220 chrétiens assyriens dans la province de Hassaké, bordée par la Turquie et l'Irak, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Washington a condamné "fermement" les enlèvements de masse perpétrés par les jihadistes, tandis que Paris a réclamé la libération immédiate des otages.

D'après Oussa Edward, il s'agit "en grande majorité de femmes, d'enfants et de personnes âgées". "Mon épouse est originaire de Tall Chamiram [l'un des villages visés par le groupe EI], raconte-t-il. Quand elle a voulu joindre au téléphone la femme de son oncle, c'est un homme qui lui a répondu : 'Ici, c'est la maison de l'Etat islamique'."

Quelque 30 000 Assyriens, une communauté parmi les plus anciennes converties au christianisme, vivaient en Syrie avant le début du conflit le 15 mars 2011, la majorité à Hassaké.