Des personnalités du monde de la culture lancent un appel pour "rapatrier immédiatement" les enfants français détenus en Syrie

Parmi les signataires de cette tribune publiée dans "Le Monde" figurent les actrices Sandrine Bonnaire et Audrey Fleurot, les metteurs en scène Ariane Mnouchkine et Jean-Michel Ribes ou les réalisateurs Costa-Gavras, Claude Lelouch et Robert Guédiguian.

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Des femmes et des enfants dans le camp de Roj, où sont détenus des proches de personnes soupçonnées d'appartenir au groupe Etat islamique, en Syrie, le 28 mars 2021. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

"Ces enfants sont innocents." Quelque 110 personnalités du monde universitaire et de la culture appellent la France à "rapatrier immédiatement" les enfants français retenus avec leurs mères dans les camps syriens où ils "périssent à petit feu", dans une tribune publiée vendredi 18 juin par Le Monde.

"Ils n'ont pas choisi de partir en Syrie ni de naître en zone de guerre ou dans ces camps", soulignent dans cet appel les signataires, parmi lesquels les actrices Sandrine Bonnaire et Audrey Fleurot, les metteurs en scène Ariane Mnouchkine et Jean-Michel Ribes ou les réalisateurs Costa-Gavras, Claude Lelouch et Robert Guédiguian. "Ils sont des victimes que la France abandonne en leur faisant payer le choix de leurs parents", poursuivent-ils.

Environ 200 enfants et 80 Françaises sont détenus depuis la chute en mars 2019 du "califat" du groupe Etat islamique en Syrie, dans des camps du nord-est du pays contrôlés par les Kurdes.

"Indigne de notre Etat de droit"

Jusqu'à présent, Paris a maintenu une politique de retour au cas par cas pour ces enfants – 35, majoritairement des orphelins, ont été rapatriés jusqu'ici – et considère que les adultes devraient être jugés sur place.

"Laisser périr ces enfants dans ces camps est indigne de notre Etat de droit et contraire à nos engagements internationaux", estiment-ils, tout en jugeant que "les rapatrier sans leurs mères, comme le souhaiteraient certains Etats, ne répond pas à l'intérêt supérieur de ces enfants".

"Ces enfants français, dont la grande majorité a moins de 6 ans, portent les stigmates de leurs blessures et de leurs traumatismes", observent-ils encore, soulignant qu'ils ne bénéficiaient "d'aucun soin approprié" et n'étaient "pas scolarisés". L'appel, signé aussi par deux pères de victimes de l'attentat du Bataclan du 13 novembre 2015 ou encore l'ex-ambassadeur de France en Syrie Michel Duclos, précise que "ces femmes et ces enfants sont tous ou presque (...) restés entassés dans des cellules de quelques mètres carrés, sans pouvoir ni se laver, ni manger à leur faim, durant des semaines et parfois des mois".

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