Chute de Daesh à Raqqa : "Pour l'instant aucun retour n'est possible, la ville est en ruine"

L'envoyé spécial de franceinfo, Omar Ouahmane, a décrit mardi l'état de la ville de Raqqa, reprise aux mains des jihadistes. "La ville a été écrasée, Daesh s'est défendu jusqu'au bout" mais "tout n'est pas fini", prévient-il. 

Un combattante des Forces démocratiques syriennes, à Raqqa, en Syrie, le 17 octobre 2017.
Un combattante des Forces démocratiques syriennes, à Raqqa, en Syrie, le 17 octobre 2017. (RODI SAID / REUTERS)
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La ville de Raqqa en Syrie est officiellement tombée mardi 17 octobre aux mains des forces soutenues par les États-Unis, après près de quatre mois de combats acharnés contre Daesh. "C'est une ville totalement détruite, littéralement pulvérisée", témoigne Omar Ouahmane, envoyé spécial de franceinfo en Syrie, qui s'est rendu à Raqqa aux côtés des Forces démocratiques syriennes (FDS).

"On a entendu des tirs, c'était des tirs sporadiques, de joie, mais également des échanges de tirs, ce qui veut dire que ce n'est pas tout à fait fini", raconte Omar Ouahmane. "On savait qu'il restait quelques jihadistes étrangers, mais ils seraient sur le point de tomber les uns après les autres".

Les lieux les plus symboliques de Raqqa, "capitale" de Daesh depuis 2014, comme le stade et la place Al-Naïm, ont été libérés. "C’était autour de cette place que les jihadistes faisaient des dérapages avec leurs tanks et leurs chars. Et c'est sur cette même place que les décapitations avaient lieu, et que les têtes des suppliciés étaient accrochées sur les grilles".

Raqqa, ville martyr minée à 70 %

C'est pour cela, rappelle Omar Ouahmane, que "c'est extrêmement important pour les FDS, dont de très nombreux habitants de Raqqa, d'avoir mis fin à Daesh dans leur ville". Mais les combats ont été très durs, éprouvants, "la ville a été écrasée, Daesh s'est défendu jusqu'au bout. Ces jihadistes ont défendu chaque mètre carré de Raqqa", témoigne l'envoyé spécial de franceinfo.

"Dans les faubourgs vous avez les premières destructions. Il y a de très nombreuses mines qui explosent", décrit Omar Ouahmane. "Selon un démineur sur place, 70 % de Raqqa est minée donc le travail va être compliqué dans les prochains jours, et il va falloir un plan de reconstruction. On parle d'un émissaire saoudien venu ici pour discuter avec le conseil civil de Raqqa, qui est un centre chargé d'administrer la ville depuis la chute de Daesh. Les habitants ont hâte de revenir, mais pour l'instant aucun retour n'est possible, la ville est en ruine".

Libération de la ville de Raqqa, en Syrie : le témoignage du reporter de franceinfo, Omar Ouahmane.
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