Nucléaire : l'Iran annonce un bond spectaculaire de ses activités d'enrichissement

L'uranium enrichi à 60% par l'Iran, contre 20% aujourd'hui, servira à "produire du molybdène utilisé à des fins de fabrication de différents produits radiothérapeutiques", affirme l'Organisation iranienne de l'énergie atomique.

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Une photo fournie par la présidence iranienne le 10 avril 2021 montre un ingénieur à l'intérieur du département d'enrichissement d'uranium du centre nucléaire de Natanz. (PRESIDENCE IRANIENNE / AFP)

Un énorme pas en arrière dans le rétablissement de l'accord de Vienne. L'Iran a annoncé, mardi 13 avril, son intention de "commencer à enrichir l'uranium à 60%", niveau qui le rapprocherait d'une capacité d'utilisation militaire, deux jours après un "sabotage" de son usine d'enrichissement de Natanz, que Téhéran impute à Israël.

L'uranium enrichi à 60% par l'Iran servira à "produire du molybdène utilisé à des fins de fabrication de différents produits radiothérapeutiques", affirme l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA). Le molybdène est un métal dur généralement utilisé dans les alliages.

La France y voit un "développement grave"

L'enrichissement à 60% marquerait une étape supplémentaire et inédite dans la violation des engagements pris par l'Iran en vertu d'un accord international conclu à Vienne en 2015 pour limiter son programme nucléaire, au moment même où des discussions doivent continuer en Autriche pour sauver ce pacte. La République islamique enrichit actuellement de l'uranium à 20% en isotope 235, bien au-delà de la limite de 3,67% fixée par l'accord de 2015. Un enrichissement à 90% est nécessaire pour une utilisation à des fins militaires. La République islamique a toujours nié vouloir se doter de l'arme nucléaire, arguant d'un interdit moral et religieux.

L'Elysée a "condamné" cette décision perçue comme un "développement grave" nécessitant "une réponse coordonnée" des pays impliqués dans les négociations sur le dossier nucléaire.

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