Explosions de Beyrouth : "Beaucoup d'enfants ne pourront pas retourner en classe" à cause des écoles détruites et du manque de moyen des parents, s'inquiète une ONG

Marianne Samaha, de l'ONG Plan International au Moyen-Orient, a observé des signes de stress extrême chez les jeunes beyrouthins dont le quartier a été endommagé par la double déflagration du 4 août dernier.

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Radio France
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Des enfants jouent dans le quartier de Gemmayzeh de Beyrouth (Liban), le 28 août 2020. (AFP)

Un mois après la double explosion qui a fait au moins 191 morts à Beyrouth (Liban), "les enfants sont extrêmement vulnérables", déplore sur franceinfo, vendredi 4 septembre, Marianne Samaha, directrice des programmes de l'ONG Plan International au Moyen-Orient. Elle cite des données de l'Unicef, faisant état de "plus de 163 établissements scolaires endommagés ou détruits." "Beaucoup d'enfants ne pourront pas retourner à l'école parce que les écoles sont détruites ou parce que les parents n'ont plus les moyens de payer le coût des écoles, ni d'acheter les fournitures", affirme l'humanitaire.

Des "filles déplacées" susceptibles de subir des violences et des abus sexuels

Marianne Samaha décrit "des enfants marqués à vie par ce qui s'est passé, par ce qu'ils ont pu voir, entendre et vivre". Elle a également observé des changements de comportements ou des signes de stress extrêmes : "anxiété grave, repli sur soi, troubles du sommeil, peurs excessives ou mêmes comportements agressifs". La directrice des programmes de l'ONG Plan International au Moyen-Orient s’inquiète par ailleurs pour "les filles déplacées" qui vivent dans des logements "peu sécurisés" et qui seraient davantage susceptibles de subir des violences et des abus sexuels.

Même après un mois de déblaiement, la ville reste à moitié détruite.

Marianne Samaha

à franceinfo

Marianne Samaha affirme que les maisons et commerces beyrouthins endommagés dans la double explosion ne sont toujours pas réparés, "les familles vivent toujours dans des appartements sans fenêtre, parfois même sans porte". À cela s'ajoute les conséquences économiques de l'accident avec "un grand nombre de familles qui ont perdu leur travail ou leur commerce et n'ont toujours aucune forme de revenu", se désole-t-elle. La directrice des programmes de l'ONG Plan International au Moyen-Orient évoque aussi les nombreux hôpitaux et centres médicaux qui ne sont, selon elle, toujours pas opérationnels aujourd'hui.

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