Deux ans après l'explosion de Beyrouth : "L'État étant défaillant, il faut le contourner" pour aider la population, plaide l'association L'Œuvre d'Orient

Le directeur général de l'association L'Œuvre d'Orient craint de voir éclater des manifestations violentes car "une population désespérée est comme un volcan : tout d'un coup, cela peut se réveiller et devenir explosif".

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Radio France
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Les silos à grains du port de Beyrouth, fortement endommagés, le 3 août 2022. (IBRAHIM AMRO / AFP)

"L'État étant défaillant, il faut le contourner" pour aider la population locale, plaide le directeur général de l'association L'Œuvre d'Orient, Monseigneur Pascal Gollnisch, jeudi 4 août sur franceinfo, deux ans après l'explosion qui a ravagé le port et une partie du centre de Beyrouth au Liban, Monseigneur Pascal Gollnisch.

>>"Il y a encore beaucoup de travail" : deux ans après l'explosion du port de Beyrouth, la lente reconstruction de la ville

Il estime que l'aide internationale "n'arrive pas concrètement à la population" actuellement et que, si cela continue, des manifestations violentes risquent d'éclater.

franceinfo : Comment organiser l'aide aux Libanais ?

Monseigneur Pascal Gollnisch : L'État étant défaillant, il faut le contourner pour toucher directement les œuvres sociales qui sont au contact de la population. Nous avons par exemple soutenu les lieux où on distribue de la nourriture car on en est là : les Libanais ont faim, ils sont dans la misère ! Il faut que l'aide internationale puisse parvenir au plus près du terrain car, aujourd'hui, elle n'arrive pas concrètement à la population, sauf peut-être l'aide de l'État français pour les écoles et les hôpitaux. Tout ce qui touche à l'économie et à l'alimentation est inefficace car l'État libanais n'arrive pas à se renouveler et à devenir efficace. Il faut donc le contourner.

L'explosion est-elle le seul problème auquel font face les Libanais ?

Cette explosion se situe dans un contexte de crise multiple au Liban : crise politique, crise financière et économique, crise sécuritaire et internationale.

"Ces crises ont réussi à casser le moral de la population et une population désespérée est comme un volcan : tout d'un coup, cela peut se réveiller et devenir explosif."

Monseigneur Pascal Gollnish

à franceinfo

S'il n'y a pas un certain nombre de remèdes qui sont apportés rapidement, les explosions [de colère] vont se multiplier. Les remèdes sont : un gouvernement, un nouveau président de la République, mais aussi arriver à apporter du soutien.

Est-ce que le peuple pourrait se révolter si ça continue ?

Oui, il y a un moment où on poussera le peuple à la plus grande exaspération et ça arrivera. Il y a eu des manifestations il y a quelques temps, elles risquent de se renouveler de manière beaucoup plus violente. L'incapacité à mener à bien une enquête sur ce qui s'est passé dans le port de Beyrouth pour trouver les responsables est symptomatique de ce que subit le peuple libanais : un État incapable d'avancer.

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