Nouveau gouvernement israélien : "Notre main est toujours tendue pour la paix avec le peuple israélien", assure l'ambassadeur de Palestine

"Quand on écoute monsieur Naftali Bennett, il ignore complètement la cause palestinienne", a regretté Salman el Herfi, le chef de la mission Palestine en France.

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Radio France
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Le chef de la droite radicale israélienne, Naftali Bennett, donne une conférence de presse au Parlement, à Jérusalem, le 6 juin 2021. (MENAHEM KAHANA / AFP)

"Notre main est toujours tendue pour la paix avec le peuple israélien, à condition d'avoir des dirigeants qui ont le courage pour faire la paix", a affirmé lundi 14 juin sur franceinfo Salman el Herfi, ambassadeur et chef de la mission Palestine en France, après la nomination du nouveau gouvernement israélienne dirigé par le Premier ministre Naftali Bennett. Salman el Herfi déplore que le nouveau chef du gouvernement n'ait fait "aucune référence à la cause palestinienne" dans son discours à la Knesset.

franceinfo : Est-ce qu'il n'y rien à attendre du nouveau Premier ministre ou est-ce que vous êtes optimistes ?

Salman el Herfi : Le problème n'est pas d'être optimiste ou ne pas être optimiste. Le problème est que le gouvernement israélien actuel, dans son discours, il n'y a rien de nouveau. Quand on écoute monsieur Naftali Bennett, il ignore complètement la cause palestinienne. Il ne fait aucune référence. Et monsieur Yaïr Lapid [ministre des Affaires étrangères] parle de dialogue. Quel dialogue ? Les Palestiniens, ils n'attendent pas le dialogue. On a dialogué 50 ans et 25 ans en direct. Nous, nous attendons de mettre fin à l'occupation israélienne des territoires occupés par Israël par la force. Ce qu'attend le monde entier, la société internationale et les Palestiniens, c'est [que le gouvernement mette] fin à l'occupation, au lieu de dire qu'ils sont pour les colonies, aider la politique de colonisation.

"Notre main est toujours tendue pour la paix avec le peuple israélien, mais à condition d'avoir des dirigeants qui ont le courage pour la faire."

Salman el Herfi

à franceinfo

Avant les actes, est-ce qu'il ne faut pas d'abord renouer le dialogue ?

Le dialogue dans la légalité internationale, il n'est pas mentionné, ni dans le programme politique du gouvernement, ni dans le discours qui a été prononcé à la Knesset après le vote et après l'inauguration du gouvernement. Nous voulons bien la paix. La paix, c'est une nécessité palestinienne, beaucoup plus qu'une nécessité israélienne. Les Palestiniens qui sont sous occupation, qui sont sous pression du régime d'apartheid israélien contre eux, ils veulent se débarrasser de ce régime d'apartheid. Ils veulent vivre comme tout autre peuple. C'est ce qui était absent des discours du gouvernement.

Est-ce que la paix sera un jour possible ?

La paix est possible quand il y a un changement et quand on trouve un partenaire israélien. Malheureusement, nous nous cherchons le de Klerk, [l'ancien président de l'Afriique du Sud] en Israël. Nous, nous avons notre Mandela. Et notre main est toujours tendue pour la paix avec le peuple israélien, mais à condition d'avoir des dirigeants qui ont le courage pour faire la paix. Faire la paix, ce n'est pas facile. Nous avons sacrifié une grande partie de notre patrie pour faire la paix.

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