Israël-Palestine : ce qui se négocie pour une sortie de crise à Gaza

La journée de jeudi s'annonce cruciale, au Caire, où les camps israélien et palestinien négocient une sortie de crise.

Des Palestiniens marchent dans les rues détruites, le 6 août 2014 à Gaza. 
Des Palestiniens marchent dans les rues détruites, le 6 août 2014 à Gaza.  (FINBARR O'REILLY / REUTERS)

Le compte à rebours a commencé. Deux jours après son entrée en vigueur, la trêve de 72 heures – destinée à permettre des négociations au Caire entre Israël et le Hamas – arrive à expiration, jeudi 7 août. L'Etat hébreu a d'ores et déjà accepté de prolonger durablement ce cessez-le-feu, mais le Hamas fait attendre sa décision. Francetv info revient sur les quatre points phares des négociations. 

La levée du blocus de Gaza

Ce que demandent les Palestiniens. Le Hamas et les Palestiniens exigent la levée du blocus terrestre et maritime imposé par Israël depuis 2006, après la capture du soldat Gilad Shalit. La branche armée du Hamas a prévenu qu'elle quitterait la table des négociations si aucun progrès n'était enregistré sur ce point. Le Hamas réclame aussi une extension de la zone de pêche au large de Gaza, l'ouverture d'un port et d'un aéroport à Gaza. "Sur le long terme, il va falloir reconnaître que Gaza ne peut pas subvenir à ses besoins en étant coupé du monde", a admis le président américain Barack Obama, principal allié d'Israël.

Ce que répond Israël. Selon plusieurs observateurs, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, ne serait pas opposé à un assouplissement du blocus, à condition que tout ce qui entre dans la bande de Gaza soit minutieusement contrôlé. Il pourrait également accepter un élargissement de la zone de pêche accordée aux Palestiniens. Mais en échange, l'Etat hébreu exigerait la démilitarisation des groupes armés. Une offre inacceptable aux yeux du Hamas. "Nous tuerons quiconque tentera de nous priver de nos armes", a répondu mercredi l'un de ses dirigeants.

La réouverture du terminal de Rafah

Ce que demandent les Palestiniens. Outre la levée du blocus, les habitants de la bande de Gaza exigent également la réouverture du point de passage de Rafah vers l'Egypte, le seul qu'Israël ne contrôle pas. L'Egypte maintient le terminal de Rafah fermé presque en permanence depuis la destitution, il y a un an, du président Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans, dont est issu le Hamas. Les relations de l'Egypte avec le Hamas se sont fortement dégradées depuis cette destitution.

Ce que répond l'Egypte. Du côté du Caire, les positions sur ce point restent floues. "Jusqu'à présent, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi s'est contenté de vagues promesses", souligne Le Figaro. D'après plusieurs observateurs, l'Egypte exigerait en tout cas de négocier cette question avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, souhaitant que les forces de sécurité du Fatah gèrent le côté palestinien du terminal, tandis que le Hamas en serait tenu éloigné.

L'échange de prisonniers

Ce que demande le Hamas. Le Hamas souhaite la libération de la soixantaine de prisonniers palestiniens qui avaient été relâchés en 2011 dans le cadre d'un échange avec le soldat Shalit, et qui ont à nouveau été emprisonnés en juin après l'enlèvement et le meurtre de trois jeunes Israéliens en Cisjordanie.

Ce que répond Israël. Sur cette question, Benyamin Nétanyahou semble refuser la moindre concession. Le Premier ministre israélien estime que les prisonniers devront cette fois purger l'intégralité de leur peine, alors que certains ont été condamnés à la perpétuité.

Le rôle de l'Autorité palestinienne

Ce que demande Israël. Plusieurs ministres israéliens, dont Tzipi Livni, ministre de la Justice chargée des négociations avec les Palestiniens, réclament que Mahmoud Abbas reprenne le contrôle de la bande de Gaza, aujourd'hui aux mains du Hamas. Israël préconiserait notamment que la future aide de la communauté internationale pour la reconstruction de Gaza soit gérée par le président palestinien. Problème : Benyamin Nétanyahou rechigne à ce qu'un rôle soit dévolu à Mahmoud Abbas à Gaza, dans la mesure où il a rompu ses relations avec lui à la suite de la réconciliation de ce dernier avec le Hamas.

Ce que répond le Hamas. Officiellement, le Hamas et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) présidée par Mahmoud Abbas, qui est également chef du Fatah, négocient ensemble au Caire. Les deux mouvements rivaux ont formé un gouvernement d'union en juin à la suite d'un accord de réconciliation. Mais les observateurs internationaux voient mal pour quelles raisons le Hamas céderait sa place à Mahmoud Abbas.