Iran : le cancer en phase terminale du guide suprême annonce une guerre de succession

L'ayatollah Ali Khamenei souffre d'un cancer de la prostate en phase terminale, remettant en cause l'issue des négociations sur le nucléaire et sur l'identité de son successeur.

Le guide suprême iranien Ali Khamenei, le 25 novembre 2014 à Téhéran (Iran).
Le guide suprême iranien Ali Khamenei, le 25 novembre 2014 à Téhéran (Iran). ( KHAMENEI.IR / AFP)

Le guide de la Révolution islamique iranienne, Ali Khamenei, souffre d'un cancer de la prostate qui aurait, d'après Le Figaro qui publie l'information samedi 28 février, atteint le stade 4, c'est à dire le stade terminal. Le leader suprême, 76 ans, est atteint de cette maladie depuis de nombreuses années. Mais le mal s'est disséminé dans d'autres parties du corps, forçant les médecins à donner deux ans d'espérance de vie au chef religieux, âgé aujourd'hui de 76 ans. Une nouvelle qui pourrait provoquer une période trouble au sommet du pouvoir iranien.

Comme l'explique le quotidien français, cette nouvelle médicale d'importance intervient en pleine négociation avec les Occidentaux sur le nucléaire iranien. Les discussions entre Téhéran et le groupe P5+1 (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine, Russie et Allemagne) doivent reprendre le 2 mars à Genève, afin de tenter de parvenir à un accord avant le 31 mars.

Quel image voudra laisser Khamenei ?

L'objectif des négociations est de réduire le nombre de centrifugeuses iraniennes, en échange d'une diminution des sanctions économiques qui frappent le pays. Or , si le président Hassan Rohani tente de convaincre la population du bien-fondé de ces négociations, très critiqué par les conservateurs, c'est le leader suprême qui prendra la décision ultime. "Khamenei voudra-t-il rester aux yeux de la population comme celui qui a permis la levée des sanctions occidentales ou sera-t-il avant tout soucieux de sauvegarder l'héritage de la révolution?", s'interroge un expert occidental cité par le Figaro.

La perspective de la disparition prochaine d'Ali Khamenei ouvre également la possibilité d'une guerre de succession à la tête de l'Iran.  Plusieurs ayatollah radicaux sont pressentis pour prendre le relais, notamment Hachemi Shahroudi, 66 ans, qui préside actuellement l'Assemblée des experts, un conseil de 86 religieux chiites élus au suffrage universel, chargés de choisir le guide suprême. Une place qui pourrait lui ouvrir les portes de la tête du pouvoir iranien.

 

Les deux derniers présidents de la république islamique seraient également candidats au poste. Hachemi Rafsandjani, 81 ans, et Hassan Rohani, 66 ans, pourraient toutefois souffrir d'une image trop "modérée". Le fils d'Ali Khamenei, Mojtaba Khamenei, dirigeant des milices Basij. Une incertitude qui inquiète la communauté internationale, à l'heure où Téhéran est notamment appelé à jouer un rôle central dans la lutte contre l'Etat islamique en Syrie et en Irak.