VIDEO. Les regrets de l'homme qui avait attaqué au marteau la statue de Saddam

L’image a fait le tour du monde. Un Irakien, muni d’un marteau, s’attaque à la statue de Saddam, haute de douze mètres. Agé aujourd’hui de 58 ans, Kadhim Hassan al-Djabouri regrette son geste et «aimerait que Saddam revienne».

Démolition de la statue de Saddam Hussein.
Démolition de la statue de Saddam Hussein. (DR/Capture d'écran)

«Je regrette d'avoir donné des coups contre la statue», se désole Kadhim Hassan al-Djabouri. L'Irakien filmé en 2003 en train de s'attaquer au marteau à une statue de Saddam Hussein lors de la chute de Bagdad aux mains des troupes américaines estime aujourd'hui que l'Irak allait mieux à l'époque du dictateur et que George W.Bush et Tony Blair devraient être traduits en justice pour avoir ruiné ce pays.
 
Un reportage de France2 (voir la vidéo) montre que la scène de la statue a été soigneusement préparée par l’armée américaine. Les regrets de Kadhim Hassan al-Djabouri interviennent alors qu'au Royaume-Uni était publié le rapport de la commission présidée par John Chilcot non flatteur pour le Premier ministre, Tony Blair, qui avait décidé d'entrer en guerre aux côtés des Américains contre l'Irak en 2003. Kadhim Hassan al-Djabouri, chiite, a perdu plus de dix membres de sa famille sous la dictature de Saddam Hussein. «J'aimerais que Saddam revienne. Il avait exécuté un bon nombre de membres de ma famille mais malgré cela, il vaut mieux que ces politiciens et dignitaires qui ont plongé l'Irak dans l'état où il se trouve.»


La statue de 12 mètres de haut de Saddam Hussein a été abattue par les marines américains peu après avoir été attaquée à coups de marteau par al-Djabouri et d'autres Irakiens, le 9 avril 2003. Les images où l'on voit la statue descellée basculer puis s'effondrer, diffusées dans le monde entier, ont symbolisé la fin d'un quart de siècle d'autoritarisme du Parti Baas.   
 
Au moment de l'invasion, Djabouri était propriétaire d'un atelier de réparation de motos dans le quartier de Karrada, dans le centre de la capitale, où a été perpétré le 2 juillet 2016 un attentat revendiqué par Daech qui a fait 25 morts. «Bush et Blair doivent être traduits devant la justice, car avec leurs mensonges, ils ont acculé l'Irak à la ruine. Il s'est avéré qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive», affirme-t-il.  
 
Dans un éditorial paru le 6 juillet 2016, The Guardian relève que «ceux qui vivent sous le régime meurtrier de l'Etat islamique ou celui de Bachar al-Assad ont le droit de dire que c'est l'invasion intervenue il y a 13 ans qui a ouvert les  portes de l'enfer».