Iran : les promesses non tenues de la révolution de 1979

40 ans après la Révolution islamique, d'anciens manifestants regrettent la tournure prise par leur pays, entre sanctions économiques et répression.

Franck Mathevon / Gilles Gallinaro

L’Iran célèbre ces jours-ci le 40ème anniversaire de la Révolution islamique. C’est en février 1979 que l’ayatollah Khomeini a fait son retour en Iran pour devenir le premier Guide de la République islamique.

Mais aujourd’hui, l’atmosphère n’est guère festive. L’Iran traverse une crise économique. Le pays souffre des sanctions américaines rétablies après le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire de 2015. Ceux qui ont fait la Révolution il y a 40 ans sont souvent désenchantés.

Un basculement en quelques jours

Dans un jardin public de Shahin-Shahar, petite ville du centre de l'Iran, un groupe de retraités bavarde, joue aux cartes… Tous ont vécu et soutenu la Révolution de 79.

"J'étais l'un de ceux qui sont montés sur les toits pour crier 'Allah Akbar', raconte Amu. Les voisins me demandaient 'que se passe-t-il?' et je leur répondais : 'quoi vous ne savez pas? Le Shah est parti, Khomeini arrive !'"

L’Iran bascule en quelques jours. Khomeini est accueilli en héros par des millions d’Iraniens. "Nous étions très heureux d'avoir mis fin au joug colonial sur notre pays" confie Abdul, en allusion aux Etats-Unis qui finançaient le régime du Shah. 

40 ans après, des regrets

Mais aujourd’hui, certains ne cachent pas leur déception, car l’économie iranienne se porte mal. "J'ai trois enfants bardés de diplômes et ils n'ont pas de travail" explique Amu. 

Khosro, lui, va plus loin. "On a fait la révolution pour améliorer la situation. Si on avait su qu'on en arriverait là, je n'aurais jamais manifesté à l'époque. Je suis déçu car le clergé ne pense jamais au peuple. Il ne pense qu'à ses propres intérêts."

Nos gouvernants volent des milliards. Si moi je volais quatre rials à la banque, je serais exécuté.

Khosro

à franceinfo

Ces retraités n’appellent pas à une nouvelle Révolution mais regrettent que celle de 79 n’ait pas tenu ses promesses.

40 ans après, ces retraités regrettent d\'avoir participé à la Révolution islamique.
40 ans après, ces retraités regrettent d'avoir participé à la Révolution islamique. (GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)