"Ces sportifs sont de potentiels touristes qui reviendront" : l'Ultra-Trail du Mont-Blanc, l'une des courses les plus extrêmes au monde, s'exporte à Oman

L'ultra-trail "Oman by UTMB", qui compte plus de 1 700 coureurs au départ, est organisé dans le massif rocailleux de Hajar.

Le massif désertique du Hajar, à Oman.
Le massif désertique du Hajar, à Oman. (JÉRÔME VAL / FRANCE-INFO)

Imaginez l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, le fameux UTMB, dans les montagnes désertiques d’Oman, pays du Golf persique. C’est exactement ce qui va se passer à partir de jeudi 28 novembre. Cette épreuve, baptisée "Oman by UTMB", compte plus de 1 700 coureurs au départ. Trois courses sont au programme, dont une sur une distance de 170 kilomètres, sur un parcours réputé comme l’un des plus durs au monde.

Le départ de la course \"Oman by UTMB\", dans le massif du Hajar, à Oman.
Le départ de la course "Oman by UTMB", dans le massif du Hajar, à Oman. (JÉRÔME VAL / FRANCE-INFO)

Depuis trois ans, les organisateurs de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, la référence mondiale pour tous les adeptes des courses extrêmes, vendent des licences UTMB à l’étranger. La marque s’exporte de mieux en mieux. La Chine, l’Argentine, l’Espagne et Oman organisent désormais leur propre Ultra-Trail du Mont-Blanc. Une curiosité sur le plan sémantique mais l’UTMB, qui existe depuis 16 ans à Chamonix, est une marque qui s’achète depuis 2016. "La marque existe, elle est puissante, et nous ce qu'on vend, c'est un concept", explique Catherine Poletti, l’organisatrice de la course. "Nous ne sommes pas allés chercher nos clients, ce sont nos clients qui sont venus nous chercher. C'est pas donné parce qu'il y a quand même beaucoup de consultance. Nous, on met une équipe qui peut aller jusqu'à sept ou huit personnes à disposition pour pouvoir tout créer."

Miser sur le tourisme

A Oman, l’UTMB s’est implanté dans le massif rocailleux de Hajar depuis l’an dernier. 326 participants ont pris part à la première édition, ils sont cinq fois plus aujourd’hui. Le sultanat a fait le choix d’investir non pas dans le football comme ses voisins, le Qatar ou les Emirats arabes unis, mais dans les sports nature : la voile, la course ou le vélo. Derrière cette stratégie, il y a la volonté d’attirer plus de touristes. David Graham dirige Oman Sail, la structure qui coordonne ces activités pour le compte du gouvernement. "Ces sportifs sont de potentiels touristes qui reviendront", assure-t-il. "Sur cet UTMB, la plupart des concurrents viennent pour la première fois à Oman. C'est donc une cible pour le ministère du Tourisme, et le tourisme est un pilier pour l'économie dans cette région, où beaucoup du PIB des états dépend du pétrole. D'ici 2040, le tourisme devrait contribuer à hauteur de 9% dans le PIB d'Oman."

Le gouvernement estime que 60% des sportifs reviendront pour des vacances en famille.David Grahamà franceinfo

Pour Oman, se rapprocher de l’UTMB, la référence mondiale de l’ultra-trail, c’est la garantie de remplir rapidement ses objectifs. "Au lieu de mettre cinq, dix, ou quinze ans à créer un événement en faisant des erreurs, sans connaître réellement le fonctionnement, ils s'associent tout de suite à des personnes qui ont une très forte, très riche et très bonne expérience de l'ultra-trail", détaille Julien Chorier, l’un des concurrents. "Donc ça leur permet de gagner énormément de temps." Et preuve que le pari est réussi : les coureurs de cet UTMB made in Oman viennent de 69 pays.

L'Ultra-Trail du Mont-Blanc, l'une des courses les plus extrêmes au monde, s'exporte à Oman - Le reportage de Jérôme Val
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