Arabie saoudite : plusieurs blessés dans une attaque dans un cimetière non musulman de Djeddah lors d'une commémoration du 11-Novembre

"Un employé consulaire grec et un policier saoudien ont été légèrement blessés", a indiqué le gouvernorat de La Mecque dans un communiqué.

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La ville de Djeddah, en Arabie Saoudite, le 21 avril 2020.  (BANDAR AL-DANDANI / AFP)

Plusieurs personnes ont été blessées dans un attentat à l'explosif, mercredi 11 novembre, au cimetière non musulman de Djeddah, ville de l'ouest de l'Arabie saoudite, lors d'une cérémonie commémorant l'armistice du 11-Novembre 1918, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères. 

L'attaque a eu lieu à 8h30 heure locale (6h30 à Paris) et le bilan provisoire fait état de deux blessés, le représentant grec et un garde de sécurité saoudien, selon une source sécuritaire française. "Il semblerait qu’un engin explosif a été déposé sur le mur d’enceinte lui-même. Des impacts en arc de cercle d’une cinquantaine de centimètres ont marqué la partie supérieure du mur d’enceinte et ont haché les barbelés qui le surmontent", précise-t-elle.

"La cérémonie annuelle commémorant la fin de la Première guerre mondiale au cimetière non musulman de Jeddah, associant plusieurs consulats généraux dont le consulat de France, a été la cible d'une attaque à l'engin explosif ce matin, qui a causé plusieurs blessés", a indiqué le ministère français des Affaires étrangères, sans plus de précisions sur l'identité et la nationalité des victimes.

"La panique générale"

"La France condamne fermement ce lâche attentat que rien ne saurait justifier", a ajouté la diplomatie française, en appelant les autorités saoudiennes "à faire toute la lumière" sur cet acte et en "identifier et poursuivre les auteurs".

"Les services de sécurité ont lancé une enquête sur la lâche agression pendant un rassemblement de consuls étrangers", a indiqué le gouvernorat de La Mecque, dont dépend Jeddah dans l'ouest de l'Arabie saoudite. "Un employé consulaire grec et un policier saoudien ont été légèrement blessés", précise le gouvernorat dans un communiqué.

"Le représentant grec a été atteint par un éclat ou un fragment projeté en relais (gravillon) à la cuisse droite (plaie de 2 cm environ) : il a été immédiatement pris en compte par un médecin français qui assistait à la cérémonie et par deux militaires français présents", précise la source sécuritaire française. Une témoin a raconté à franceinfo la panique sur place.

"Peu avant 8h30, on a entendu une très grosse explosion. Ça s'est passé derrière moi, à 4-5 mètres environ. Ça a été la panique générale, tout le monde s'est rué vers la porte", explique-t-elle. "J'ai vu un militaire saoudien le visage ensanglanté", ajoute-t-elle, en évoquant aussi un homme grec de 28 ans blessé à la cuisse. "A ma connaissance, il n'y a aucun Français blessé."

Une précédente attaque le 29 octobre

Il s'agit de la deuxième attaque visant des intérêts français à Djeddah après celle du 29 octobre contre un vigile du consulat de France, sur fond d'une série d'attentats islamistes en France mais aussi à Vienne le 2 novembre.

"C'était une erreur de faire cette cérémonie ici, après l'attaque du consulat. Il aurait fallu la faire plutôt à la Résidence de France, qui est bien protégée", estime auprès de franceinfo Mazen Hakki, conseiller des Français de l'étranger dans la circonscription de Djeddah et du Yémen. "Le cimetière est à proximité de la vieille ville, dans un quartier populaire, à côté du port. C'est un endroit très exposé", souligne-t-il.

Même s'il n'y a pas encore de certitude sur la nature de l'engin explosif, Mazen Hakki évoque une grenade qui aurait été lancée par-dessus la clôture du cimetière. Des routes conduisant au cimetière situé dans le centre de Jeddah ont été fermées par la police saoudienne, selon un photographe de l'AFP sur place.

Des propos du président français Emmanuel Macron sur le droit à la caricature au nom de la liberté d'expression ont déclenché la colère au Moyen-Orient et plus largement dans le monde musulman. Le président français avait promis ne pas "renoncer aux caricatures" lors d'un hommage national au professeur Samuel Paty, décapité par un islamiste le 16 octobre, pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet dans un cours sur la liberté d'expression dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine.

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