Arabie saoudite : des drones ont attaqué des installations pétrolières près de Ryad

L'exploitant pétrolier Aramco a dû cesser ses opérations sur un oléoduc majeur.

Une inscription au nom de l\'entreprise d\'Etat Saudi Aramco, le 25 janvier 2016 à Ryad (Arabie saoudite).
Une inscription au nom de l'entreprise d'Etat Saudi Aramco, le 25 janvier 2016 à Ryad (Arabie saoudite). (FAYEZ NURELDINE / AFP)

Deux stations de pompage ont été visées par une attaque de "drones armés" près de Ryad, la capitale saoudienne, mardi 14 mai, ce qui a forcé le géant pétrolier Aramco à cesser ses opérations sur un oléoduc majeur, annonce le ministre de l'Energie, Khalid Al-Falih. L'attaque a provoqué un "incendie" et des "dégâts mineurs" à une station, a détaillé ce dernier, dans une déclaration relayée par l'agence officielle saoudienne SPA.

Conséquence immédiate : la compagnie Aramco "a pris des mesures de précaution et a interrompu temporairement les opérations sur l'oléoduc" Est-Ouest qui relie la province orientale, une région saoudienne riche en pétrole, et le port de Yanbu, sur la mer Rouge. Cet oléoduc d'une longueur de 1 200 kilomètres a une capacité d'au moins cinq millions de barils par jour.

L'attaque de drones contre des installations pétrolières saoudiennes est "une réponse aux crimes" et au "blocus" imposé par l'Arabie saoudite au Yémen voisin, a déclaré un haut responsable rebelle yéménite. "Notre peuple n'a pas d'autre choix que de se défendre de toutes ses forces", a ajouté sur Twitter Mohammed Abdelsalam, porte-parole des rebelles Houthis.

Ryad veut faire face "aux Houthis soutenus par l'Iran"

Plus tôt, la chaîne de télévision al-Massirah, contrôlée par les rebelles au Yémen voisin, avait évoqué une "opération militaire majeure" contre des cibles saoudiennes avec "l'utilisation de sept drones" contre des "installations vitales" saoudiennes. L'Arabie saoudite intervient militairement depuis 2015 dans le conflit au Yémen pour aider le pouvoir face aux rebelles Houthis, soutenus politiquement par l'Iran.

Dimanche, de mystérieux "actes de sabotage" ont été commis sur quatre navires dans le Golfe, dont deux pétroliers saoudiens, selon les autorités des Emirats arabes unis, pays allié de Ryad. Les Emirats et l'Arabie saoudite sont de proches alliés des Etats-Unis, qui n'ont cessé de durcir le ton contre Téhéran, que ce soit sur le dossier nucléaire ou ses "actions déstabilisatrices" au Moyen-Orient.

Khalid Al-Falih a condamné l'attaque des drones contre les stations de pompage, estimant que "ces attaques prouvent une fois de plus qu'il est important pour nous de faire face aux entités terroristes, y compris les miliciens Houthis au Yémen qui sont soutenues par l'Iran". Toujours selon lui, les approvisionnements et les exportations de brut et de produits pétroliers fonctionnent désormais normalement et sans interruption.