A Brunei, l'homosexualité et l'adultère seront bientôt passibles de lapidation

Cette nouvelle législation ferait de Brunei le seul pays d'Asie du Sud-Est où l'homosexualité est passible de la peine de mort.

Le sultan de Brunei, Hassanal Bolkiah, le 5 mars 2019, en Malaisie. 
Le sultan de Brunei, Hassanal Bolkiah, le 5 mars 2019, en Malaisie.  (ADLI GHAZALI / ANADOLU AGENCY)

L'homosexualité et l'adultère vont bientôt être passibles de la lapidation à Brunei, qui s'apprête à faire appliquer les peines les plus sévères de la charia, la loi islamique, suscitant l'indignation des défenseurs des droits de l'homme.

La nouvelle législation de ce riche petit Etat pétrolier d'Asie du Sud-Est, situé sur l'île de Bornéo, prévoit aussi l'amputation d'une main ou d'un pied pour vol. L'homosexualité, déjà illégale, sera désormais considérée comme un crime.

"Légaliser des peines aussi cruelles et inhumaines est épouvantable"

Amnesty International a exhorté mercredi 26 mars le pays à "arrêter immédiatement" la mise en application de ces mesures. "Légaliser des peines aussi cruelles et inhumaines est épouvantable", a déclaré Rachel Chhoa-Howard, spécialisée dans l'Asie du Sud-Est à Amnesty. Brunei avait annoncé en 2014 l'introduction progressive de la charia, malgré l'opposition des défenseurs des droits de l'homme. Un document du bureau du procureur général daté du 29 décembre 2018 prévoit l'entrée en vigueur de ces dispositions au 3 avril.

Un porte-parole du ministère des Affaires religieuses a précisé mercredi que le sultan Hassanal Bolkiah ferait une annonce ce jour-là. "Ce n'est qu'après que nous connaîtrons la date d'entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions", a-t-il dit à l'AFP. "Pour le moment nous sommes prêts à mettre en application l'amputation d'une main pour vol. C'est tout".

Cette nouvelle législation ferait de Brunei le seul pays d'Asie du Sud-Est où l'homosexualité est passible de la peine de mort, selon Phil Robertson, de l'ONG Human Rights Watch. "Si ce projet délirant est mis en oeuvre, il y a toutes les raisons de penser que le mouvement mondial de boycott contre Brunei va redémarrer", a-t-il dit. L'annonce de l'introduction de la charia en 2014 avait provoqué à travers le monde des appels au boycott d'hôtels appartenant au monarque.