Cet article date de plus de cinq ans.

Les messages cryptés des djihadistes déjouent la surveillance de la police

La série d’attaques meurtrières à Paris a ravivé le débat sur le langage crypté utilisé par les djihadistes pour échapper à la surveillance des services de renseignement policier et judiciaire. Un phénomène qui inquiète les autorités dépassées par ces pratiques technologiques. Les terroristes utiliseraient même les jeux vidéo pour faire passer des messages et planifier leurs attaques.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Les services du renseignement et de surveillance se heurtent au cryptage des communications de djihadistes. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)
Le chef de la police de New York, Bill Bratton, l’avoue: ses services butent souvent sur des communications cryptées, introduites par Apple et Google dans leur système d'exploitation mobile. En collaboration avec la division antiterroriste, «nous surveillons des suspects et ils disparaissent: ils vont sur ces applications cryptées, sur des sites auxquels nous n'avons pas accès», regrette-t-il dans une interview sur MSNBC.

La surveillance des terroristes s'avère de plus en plus difficile pour les autorités qui se heurtent à des difficultés techniques et juridiques. Notamment pour filtrer la propagande sur les réseaux sociaux comme Youtube, Facebook et Twitter ou sur des applications de messagerie gratuites dont les plus connues sont WhatsApp, Skype ou Viber.

Mais après les attentats de Paris du 13 novembre 2015, les entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies accepteront-elles de collaborer à des enquêtes importantes en fournissant l'accès aux communications cryptées? Si ce n'était pas le cas jusqu'à présent, la donne pourrait changer, selon les observateurs. Les efforts dans le domaine du cryptage avaient été renforcés après les révélations d'Edward Snowden, en 2013, sur les capacités de surveillance de l'Agence de sécurité nationale (NSA). 

Systèmes de cryptage inviolables
De nombreux experts en technologie et d'ardents défenseurs de la vie privée estiment que permettre l'accès aux données cryptées ne ferait que réduire la liberté sur Internet. Ces accès spéciaux «signifierait introduire des vulnérabilités» dans ces systèmes, estime Joseph Hall du Centre pour la démocratie et la technologie.

Pour Mark Rotenberg, président de l'Electronic Privacy Information Center, il n'y a pour le moment «pas de preuve qu'un logiciel de cryptage a entravé une enquête en relation avec les attentats à Paris». «Il peut tout aussi bien s'agir d'un échec humain dans le renseignement», estime-t-il.

Selon une information émanant du ministre de l'Intérieur belge, Jan Jambon, citée par le site France Info, la Playstation 4 servirait de moyen de communication privée sur internet aux terroristes «voulant faire passer de courts messages à des complices». Certains d'entre eux utiliseraient le réseau de chat de communication de la PSN (Playstation Network) «pour passer un peu sous les radars», ​confirme Olivier Laurelli, blogueur expert en sécurité informatique.

L'opération de grande envergure des Anonymous à l'encontre les sites et comptes, sur les réseaux sociaux, du groupe Etat islamique pourrait être, selon ce blogueur, contre-productive et gêner l'enquête sur les attentats de Paris qui ont fait au moins 129 morts.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Monde

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.