Les Etats-Unis capturent un leader d'Al-Qaïda en Libye

Les forces spéciales américaines ont mené deux raids parallèles, en Somalie et en Libye, contre des responsables islamistes soupçonnés d'actes terroristes.

Un extrait de la liste des terroristes les plus recherchés par le FBI, sur laquelle apparaît Abou Anas al-Libi (en bas, 2e à gauche).
Un extrait de la liste des terroristes les plus recherchés par le FBI, sur laquelle apparaît Abou Anas al-Libi (en bas, 2e à gauche). ( REUTERS)

"Les Etats-Unis ne cesseront jamais leurs efforts pour que les responsables d'actes de terrorisme rendent des comptes." Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a  commenté, dimanche 6 octobre, les deux raids lancés en Somalie et en Libye la veille contre des groupes jihadistes. "Ces membres d'Al-Qaida et d'autres organisations terroristes, même s'ils s'enfuient, n'arriveront jamais à nous échapper", a-t-il martelé.

Retour sur les opérations spéciales américaines qui se sont déroulées en Afrique samedi.

Un chef d'Al-Qaïda capturé en Libye

Les Navy Seals - unités d'élite déjà responsables de la mort d'Oussama Ben Laden - ont capturé Abou Anas al-Libi, en Libye. Il s'agit d'un leader présumé d'Al-Qaïda, recherché pour son rôle dans les attentats de 1998, contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya. Abou Anas al-Libi se trouve entre les mains de l'armée américaine dans "un lieu sûr, à l'extérieur de la Libye", précise le Pentagone.

Les soldats américains, assistés par le FBI et la CIA, selon le New York Times (en anglais), ont mis fin à une traque de plus de quinze ans. Abou Anas al-Libi, de son vrai nom Nazih Abdul Hamed al-Raghie, 49 ans, était membre du Groupe islamique de combat libyen (Gicl) avant de rallier le réseau d'Al-Qaïda. Il figure parmi les personnalités les plus recherchées par le FBI, qui a offert cinq millions de dollars pour sa capture. Accusé par la justice américaine pour son rôle dans les attentats de 1998, il pourrait être transféré aux Etats-Unis. 

En libye, un proche a confirmé que "sa famille n'a aucune nouvelle de lui depuis le matin", après son enlèvement "près de chez lui, après la prière de l'aube, par un groupe d'hommes armés""

Un responsable shebab peut-être tué en Somalie

Le sort de la seconde cible, un responsable shebab "très recherché", en Somalie, reste flou."Je peux confirmer qu'hier, le 4 octobre, des militaires américains ont été engagés dans une opération de contre-terrorisme à l'encontre d'un terroriste shebab connu", a déclaré un porte-parole du Pentagone. Ce dernier n'a toutefois pas été en mesure de confirmer si ce responsable shebab, dont l'identité n'a pas été révélée, avait été tué, capturé ou s'il avait échappé à ce raid des Navy Seals, les commandos d'élite de la marine.

Selon un responsable américain cité par le New York Times, ce dirigeant shebab a probablement été tué, mais les forces spéciales américaines ont été obligées de se retirer avant d'avoir confirmation de cette mort. L'opération survient deux semaines après l'attaque, revendiquée par les shebabs, du centre commercial Westgate à Nairobi (Kenya), et qui a fait au moins 67 morts.

De leur côté, les shebabs ont affirmé avoir été attaqués dans la nuit de vendredi à samedi, à Barawe. Un porte-parole shebab Abdulaziz Abu Musab a assuré, sans en apporter la preuve, que l'opération avait été conjointement menée par des "Britanniques et des Turcs". Londres a cependant démenti tout rôle dans cette opération. Le porte-parole a fait d'état d'un mort dans les rangs shebab et de "nombreuses victimes" parmi les forces étrangères.

DOROTHEE OLLIERIC / FRANCE 2