La France veut une coordination internationale contre l'Etat islamique

Le ministre des Affaires étrangères souhaite une action coordonnée entre les pays du Proche-Orient, l'Iran et les membres permanents du conseil de sécurité de l'Onu pour lutter en Irak contre l'Etat islamique.

(Laurent Fabius était entendu ce mercredi devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale © MAXPPP)

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius souhaite une action coordonnée des pays du Proche-Orient, de l'Iran et des cinq membres permanents du conseil de sécurité de l'ONU pour lutter contre l'Etat islamique.

"Il faut que nous voyions avec les différents partenaires comment faire front ", a-t-il déclaré ce mercredi devant la commission des Affaires étrangères de l'assemblée nationale. "Nous voulons que non seulement l'ensemble des pays de la région vienne dans cette action, et que cela comporte les pays arabes et l'Iran, mais nous voulons aussi que le P5 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) se joigne à cette action ".

Couper les ressources de l'Etat islamique

François Hollande avait annoncé dans un entretien au Monde qu'il proposerait en septembre une conférence internationale sur la lutte contre le "quasi Etat terroriste " de l'Etat islamique, qui a proclamé un califat sur des territoires qu'elle contrôle en Syrie et en Irak, et qui continue de s'étendre. Le chef de la diplomatie française a précisé que cette conférence, soutenue dans l'idée par l'UMP, devrait aboutir à des mesures de coopération sur le renseignement et l'action militaire, dans le but notamment de "couper les ressources " du mouvement islamiste et de le "séparer (...) des soutiens qu'il a dans la population ".

"Nous considérons que ce groupe terroriste est d'une dangerosité et d'une nature différentes des autres ", a affirmé Laurent Fabius devant les parlementaires. "Nous avons une entreprise de destruction. Aujourd'hui c'est l'Irak, mais le califat, c'est l'ensemble de la région et au-delà de la région, c'est évidemment l'Europe ", a-t-il souligné.

Un "génocide" pour Matteo Renzi

L'Etat islamique a montré qu'il était prêt à faire escalader le conflit, en revendiquant ce mercredi la décapitation du journaliste américain James Foley. En diffusant la vidéo de l'assassinat, le groupe islamiste a souhaité adresser "un message " aux Etats-Unis, afin qu'ils cessent leurs frappes aériennes sur l'Irak.

Matteo Renzi, le président du Conseil italien, s'est par ailleurs rendu ce mercredi à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. Il a comparé la situation sur place à un "génocide ", déclarant que "face à ça, la communauté internationale peut tout se permettre, sauf le silence ".

Matteo Renzi : " Ce qui se passe en Irak et en Syrie est un génocide."
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Après la France et le Royaume-Uni, ce sont l'Allemagne et l'Italie qui ont annoncé qu'elles allaient livrer des ressources humanitaires et des armes en Irak.