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Assassinat de Foley : Obama "horrifié", la France parle de "barbarie"

Après l'assassinat revendiqué par l'Etat islamique du reporter américain James Foley, les chefs d'Etat étrangers dénoncent la barbarie de ce meurtre. Barack Obama s'est dit horrifié par l'assassinat.
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Radio France
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 (James Foley à Alep en Syrie avant sa disparition à la fin de l'année 2012 © Manu Brabo/AP/SIPA)

La mère de James Foley, le journaliste américain dont l'assassinat a éré revendiqué ce mercredi par les djihadistes de l'Etat islamique, a été l'une des premières à réagir sur la page Facebook du comité de soutien à son fils, enlevé en Syrie il y a deux ans. "Nous n'avons jamais été aussi fiers de [lui]", écrit-elle, implorant "les ravisseurs d'épargner la vie des autres otages ".

Dans la vidéo de l'exécution du journaliste, qui a été diffusée sur Internet, les bourreaux adressent un avertissement aux Etats-Unis, qui ont procédé depuis le 8 août à plusieurs dizaines de frappes aériennes pour ralentir leur progression. La porte-parole de la Maison blanche Caitlin Hayden a rapidement réagi en déclarant dans un communiqué que si le film est "authentique ", "nous sommes horrifiés par le meurtre cruel d'un journaliste américain innocent ".

Toujours aux Etats-Unis, le président américain Barack Obama s'est dit horrifié, et a indiqué que l'Etat islamique "n'a pas sa place au XXIe siècle" . Selon lui, le groupe "ne parle au nom d'aucune religion (...), leur idéologie est creuse". Il a appelé à une mobilisation afin que ce "cancer " ne se répande.

La France et l'Allemagne dénoncent la "barbarie"

En France, après le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, qui a dénoncé "une barbarie qui utilise la peur et la menace " et affirmé qu'il fallait "tout faire pour se mobiliser " à l'échelle européenne et internationale, le ministre des Affaires Laurent Fabius a de nouveau exprimé la position du gouvernement en parlant une fois de plus de "barbarie ".

 

Même réaction en Allemagne, où le porte-parole de la chancelière Angela Merkel a affirmé que celle-ci était "bouleversée par le sort du journaliste américain " et face à ce "document répugnant (qui) montre que cette organisation terroriste n'a rien à offrir à part l'horreur et le fanatisme ".

Le Royaume-Uni "menacé"

Mais l'assassinat a un retentissement particulier au Royaume-Uni. Sur la vidéo, on distingue en effet clairement l'accent britannique du bourreau de James Foley. Pour montrer son implication, le premier ministre David Cameron a choisi d'écourter ses vacances pour une réunion d'urgence avec son ministre des Affaires étrangères, Philip Hammond, des membres du ministère de l'Intérieur ainsi que des services de sécurité, au cours de laquelle ils évoqueront "la situation en Irak et en Syrie ainsi que la menace des terroristes de l'Etat islamique ".

La "menace" est prise au sérieux outre-Manche. Downing Street avait déjà annoncé que plusieurs centaines de jeunes britanniques s'étaient rendus dans ces deux pays pour combattre aux côtés des djihadistes. Interrogé par la BBC sur sa réaction à la vidéo, Philip Hammond a fait part de son "horreur ", "horreur absolue devant ce qui semble être une exécution brutale ". Il a par ailleurs annoncé qu'une enquête allait être lancée pour déterminer si le djihadiste présent sur la vidéo est bien un Britannique, ce qui est, pour David Cameron, "de plus en plus probable ".

Dans la vidéo, l'Etat islamique menace d'exécuter un autre otage américain, Steve Sotloff, si les Etats-Unis n'arrêtent pas leurs frappes. L'association Reporters sans frontières rappelle que trois journalistes étrangers sont toujours otages en Syrie, tandis que l'on est sans nouvelles de quatre autres.

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