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L'armée renverse le gouvernement en Thaïlande

Le chef de l'armée, le général Prayuth Chan-ocha, a annoncé ce jeudi midi, en direct à la télévision, qu'il prenait le contrôle du gouvernement. Il a précisé que l'armée devait restaurer l'ordre et lancer des réformes. Les militaires ont ordonné l'arrêt des programmes de toutes les télévisions et radios. Depuis six mois, le pays connaît une grave crise politique.
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Radio France
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  (L'armée thaïlandaise a annoncé un coup d'État © Reuters/Athit Perawongmetha)

C'est le chef de l'armée thaïlandaise qui l'a annoncé à la télévision. Le général Prayuth Chan-ocha a expliqué ce jeudi à ces compatriotes qu'il prenait le contrôle du gouvernement. "Pour que le pays revienne à la normale ", les forces armées "doivent  prendre le pouvoir à partir du 22 mai à 16H30" (09H30 GMT) , a-t-il précisé. Le général Prayuth Chan-ocha a affirmé que l'armée devait restaurer l'ordre et lancer des réformes. "Tous les Thaïlandais doivent rester calmes et les fonctionnaires doivent continuer à travailler comme d'habitude ", a ajouté le général. Restaurer l'ordre, et suspendre la Constitution, comme cela a été annoncé dans la foulée. Cela signifie concrètement que "le gouvernement est suspendu ", mais que "le Sénat fonctionne toujours ". 

"La Constitution de 2007 est suspendue, à part le chapitre sur la monarchie" (porte-parole militaire)

Selon l'ordre des militaires, le gouvernement de Niwattumrong Boonsongpaisan doit "se présenter " à eux d'ici la fin de la journée. Dans l'après-midi, l'armée a ordonné à tous les manifestants de rentrer chez eux. Les rassemblements de plus de cinq personnes ont été interdits.

Annonce à la télévision

Ce coup d'Etat militaire intervient deux jours après l'instauration de la loi martiale. C'est après une réunion avec les différentes factions politiques du pays que le général Prayuth a fait cette annonce à la télévision. Il a aussi assuré que cette prise de contrôle n'affecterait pas les relations avec les autres pays. Par ailleurs, on a ensuite appris que des leaders des manifestants des deux camps ont été emmenés par l'armée juste avant l'annonce du coup d'Etat. Le couvre-feu a été décrété dès ce jeudi soir. Des manifestants de l'opposition ont exprimé leur joie de voir le gouvernement renversé, avant de sagement rentrer chez eux, attendant la fin d'une transition qu'ils espèrent courte. Mais la situation est pour l'instant incertaine.

Les militaires ont également ordonné à toutes les chaînes de radio et télévision de cesser leurs programmes, "afin de donner des informations exactes à la population ". Dans la soirée, ils ont aussi menacé de bloquer les réseaux sociaux en cas de contenu "critique ".

18 coups d'État en 80 ans

Le pays subit de nombreux troubles depuis six mois, avec des manifestations parfois très violentes. Cette crise politique majeure a conduit à la destitution de la Première ministre, Yingluck Shinawatra, le 7 mai dernier.

La Thaïlande a connu 18 coups d'Etat ou tentatives de coups d'Etat en 80 ans, le premier en 1932. L'épisode actuel commence cet automne lorsque les manifestants demandent le départ de Yingluck Shinawatra, à la tête du gouvernement depuis 2011. En 2006, c'est son frère, l'ancien Premier ministre actuellement en exil Thaksin Shinawatra, qui avait été renversé. Parmi les réactions internationales à ce coup d'État, celle de François Hollande. Le président français demande "un retour immédiat à l'ordre constitutionnel et à l'organisation d'un processus électoral ".

 

 

 

 

Devant cette situation, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils étudiaient la suspension ou pas de leur coopération militaire avec la Thaïlande. De son côté, l'Union Européenne a appellé à un retour rapide au processus démocratique dans le pays. 

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