Cet article date de plus de neuf ans.

La politique énergétique au Japon de l’après-Fukushima

Depuis Fukushima, le gouvernement japonais redouble d'efforts pour développer les énergies renouvelables. Un grand parc éolien sera construit d'ici 2016, un autre est déjà à l'étude. Une vraie nécessité, alors que 15 réacteurs nucléaires sont encore à l’arrêt depuis l'accident nucléaire de mars 2011.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Des journalistes escortés par des employés de Tepco sur le site de Fukushima. (ISSEI KATO / POOL / AFP)

Signataire du protocole de Kyoto, le Japon s’était engagé depuis longtemps à lutter contre le changement climatique. Mais les besoins énergétiques colossaux du pays doivent être satisfaits. L’archipel ne produit pas de pétrole. Il dépend du nucléaire pour assurer son indépendance énergétique.

Il est la troisième puissance du monde dans le secteur. En juin 2010, le gouvernement se fixe comme objectif de construire neuf centrales nucléaires d’ici 2020 et quatorze supplémentaires d’ici 2030 pour résoudre le casse-tête énergétique du Japon : Fukushima n'a fait que compliquer l'éternel problème du pays.

L'éolien pour palier le manque énergétique ?
La catastrophe de Fukushima,
accident nucléaire le plus grave depuis Tchernobyl en 1986, remet tout en question et accélère la reconversion aux énergies propres. Avant l’accident, à peine 8% de l’énergie du pays était issue des énergies renouvelables. Le pays tournait en 2009 au nucléaire (15,4 %) et au pétrole (42,5%) selon l’Agence internationale de l’énergie. Le reste provient du gaz naturel et de l’exploitation du charbon.

Production d'énergie estimée par l'Agence internationale de l'énergie en 2009. (FTV)

Le Japon a pris du retard par rapport à l’Europe dans le secteur où l’Allemagne est à la pointe des politiques dites "vertes". En août 2011, une loi est votée pour mettre le solaire et l’éolien au cœur des politiques énergétiques du pays. Objectifs affichés : 20% de la production devra être propre en 2020 et 10 millions de panneaux solaires seront installés sur les toits japonais d’ici 2030. Avant Fukushima, le gouvernement souhaitait que 30% de l’énergie produite dans le pays soit issue du solaire d’ici 2020.

Le projet de construire un parc éolien d’envergure au large de Fukushima s’inscrit dans la lignée des nouvelles politiques environnementales nippones. Le conglomérat Marubeni et une dizaine d’autres entreprises devraient construire le parc d’ici 2016.

[{http://maps.google.fr/maps/ms?msid=212886064576135597627.0004b9765cc188ba8d664&msa=0&ll=43.165123,131.572266&spn=23.274043,38.100586}]

Carte des centrales nucléaires et des parcs éoliens offshore-construits sur l'eau- au Japon

Le gouvernement y participe financièrement par le biais d’un fonds mis en place pour la reconstruction après le drame de Fukushima. Les premiers essais commenceront au mois de mars 2012. Il est prévu que ces éoliennes fournissent de l’énergie à l’équivalent d’un million de foyers dans un pays de plus de 127 millions d’habitants.

Seulement 6% des réacteurs nucléaires sont en activité
Ce parc viendra renforcer les autres parcs disséminés dans tout le pays. Les turbines ont bien résisté au tsunami et au tremblement de terre le plus impressionnant  de l’histoire récente du Japon. Ce n’est pas le cas des centrales nucléaires. Seulement 3 réacteurs sur les 54 existants tournent à 100% de leur capacité, dont quinze sont complètement à l’arrêt.

Ils ont échoué aux stricts tests de sécurité des autorités. Conséquences : une hausse dans la consommation du pétrole et des milliards d’euros supplémentaires en dépenses énergétiques pour pouvoir subvenir aux besoins du Japon.

Si les centrales encore ouvertes ne réussissent pas les tests, elles pourraient fermer d’ici avril, entraînant le pays dans une pénurie énergétique - l’été 30% de la consommation est due à la climatisation. Une épreuve à surmonter, en attendant la construction d’un autre parc éolien flambant neuf au large de la côte nord du Japon d’ici 2020.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.