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Japon: des tours-refuges pour faire face aux plus grands séismes

Les technologies parasismiques qui équipent les gratte-ciel nippons sont en perpétuelle évolution. Le séisme du 11 mars 2011, qui a frappé la région du Tohoku, a démontré que les tours avaient bien résisté aux secousses qui ont fait trembler la capitale, Tokyo. A tel point qu'en prévision d'un méga-séisme tant redouté, elles sont repensées comme des refuges pour la population.
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France Télévisions Rédaction Afrique
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Les technologies parasismiques qui équipent les gratte-ciel nippons sont en perpétuelle évolution.  (MICHAEL RUNKEL / ROBERT HARDING PREMIUM / ROBERT HARDING)
Le 11 mars 2011, la tour Mori de Roppongi Hills n’a bougé que de 32 cm, contre un mètre pour des gratte-ciel de conception plus ancienne. Au 50e étage de cette tour qui en compte 53, les bouteilles ne sont même pas tombées, raconte encore Toru Tsuchihashi, directeur d'une unité d'architecture de Mori Building. Il explique que le bâtiment haut de 238 mètres «intègre 356 amortisseurs à huile en partie contrôlés électroniquement et 192 entretoises réparties dans la structure des étages»

Le fait que ce jour-là à Tokyo, cinq millions de personnes se sont retrouvées indemnes mais incapables de regagner leur domicile, sans nouvelles de leurs proches, a poussé la municipalité de la mégapole à mettre en place des mesures pour mieux organiser la vie dans un environnement bouleversé. En cas de séisme, «les personnes sont appelées à rester sur leur lieu de travail et les employeurs doivent stocker pour leurs salariés trois jours d'eau et nourriture», selon les dispositions entrées en vigueur en avril 2013.

Un nouveau gratte-ciel anti-sismique est en construction en plein coeur de Tokyo. L’édifice de 31 étages doit être achevé en 2016. Conçu «comme un refuge en cas de catastrophe naturelle», selon Atsushi Eto, un directeur de l'entreprise de bâtiment Nippon Tochi Tatemono, «il pourra accueillir plusieurs milliers de personnes en plus des occupants habituels durant trois jours sur une surface libre de 4.000 mètres carrés».

Le «Big one» attendu à tout moment
Le bâtiment de 170 mètres de hauteur, peut, en cas de tremblement de terre, «absorber l'énergie sismique et minimiser ainsi les secousses ressenties dans les étages». Ce dispositif, adapté à des immeubles de bureaux, des hopitaux et d'autres lieux, leur permet de continuer à fonctionner après un séime. Les technologies utilisées ont pour objectif de résister à un éventuel «Big one» (de magnitude supérieure à 8) attendu à Tokyo à tout instant au cours des trois prochaines décennies.
 
«Nous avons couplé quatre technologies pour parvenir à ce niveau de protection: 48 amortisseurs à huile, 28 isolateurs en caoutchouc, six plaques glissantes et quatre systèmes de rails déverrouillables pour donner de l'élasticité», précise le concepteur, Takashi Fukushima, de l'entreprise Nikken Sekkei.
 
Depuis le tremblement de terre de Kobe d'une magnitude de 7,2) qui avait fait 6.400 morts en 1995, les procédés parasismiques nippons ont bien progressé et les architectes se sont mis au défi de faire toujours mieux pour résister à ce genre de catastrophe.

C'est d'ailleurs en pleine zone sismique qu'ils ont bâti une tour géante de plus de 634 mètres, la Tokyo Sky Tree. Les responsables de la société Nikken Sekkei, qui conduisaient ce projet depuis 2003, ont déclaré, juste après le séisme de mars 2011, ne pas avoir observé d’anomalie au niveau des structures, ni déploré d’accident alors que le gratte-ciel était toujours en cours de construction. 


Après cette tour, terminée en février 2012, les projets de gratte-ciel de 250, voire 350 mètres, continuent de fleurir dans la capitale. «Mais outre le fait d'éviter la destruction des immeubles, il faut aussi en assurer les fonctions vitales: électricité (par des systèmes d'auto-génération), eau courante et potable (par des stations d'urgence)», insiste Takashi Terada, responsable de la prévention des désastres de l'entreprise Mori Building. 

Des fournitures de base sont également prévus: 270.000 repas, 80.000 kits de WC jetables, couvertures, couches, lait, médicaments, lampes, gants, ruban adhésif, mini-chariots et autres articles de première nécessité sont notamment stockés à Roppongi Hills.

Exercices de prévention
Depuis une cinquantaine d'années, le gouvernement nippon a mis en place un programme d'exercices de prévention qui ont lieu dans tout le Japon et qui sont rentrés dans les moeurs. Le 1er septembre a été décrété, jour de prévention des désastres dans l'Archipel, une date choisie pour commémorer le grand séisme du Kanto qui a dévasté la région de Tokyo en 1923 tuant 140.000 personnes. 

Le Japon, situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, enregistre plus de 20% des tremblements de terre les plus violents recensés sur la planète. Le 11 mars 2011, le puissant séisme de magnitude 9 a entraîné un violent tsunami qui a tué 18.500 personnes le long des côtes nord-est et provoqué la catastrophe nucléaire de Fukushima.



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