EN IMAGES. Trois ans après, le visage fantomatique de Fukushima

Dans les villages situés à proximité de la centrale japonaise accidentée, le temps semble s'être suspendu et la vie peine à reprendre. 

Ils ont observé une minute de silence à 14 h 46, heure locale. Mardi 11 mars, les Japonais ont commémoré le troisième anniversaire du séisme ayant provoqué un tsunami dévastateur et la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Trois ans après, les plaies restent vives dans les villages côtiers qui ont été noyés sous l'énorme déferlante. Quelque 270 000 personnes n'ont pas encore pu regagner leurs maisons, détruites par le raz-de-marée ou rendues inhabitables par la radioactivité. Les communes de la zone sinistrée, où les habitants ne sont pas autorisés à vivre et à revenir avant longtemps, présentent désormais un visage de villes mortes.

 
112
Interdiction d'entrer. A Namie, un village situé à 6 km de la centrale de Fukushima, une barrière empêche encore l'accès à certaines zones, trois ans après la catastrophe. Les habitants ne peuvent pas y vivre. MAXPPP
212
Plus de 160 000 habitants de la préfecture de Fukushima ont dû évacuer les lieux. Mais certains restent. Ce moine bouddhiste se rend cinq fois par semaine à son temple de Minami-Soma, à 20 km de la centrale. Il s'occupe des biens laissés par les anciens habitants.  MAXPPP
312
Les lieux, défigurés, sont à l'abandon. Plus personne ne se baigne dans cette piscine de Namie.  DAMIR SAGOLJ / REUTERS
412
A Tomioka, à 9 km de Fukushima Daiichi, on peut désormais entrer durant la journée. Mais les entrées pour le site sont filtrées par des policiers, comme ici, le 5 mars 2014. NICOLAS DATICHE / AP / SIPA
512
Cette commune de 16 000 habitants a été vidée de sa population, qui a fui la catastrophe nucléaire provoquée par le séisme, raconte Le MondeNICOLAS DATICHE / SIPA
612
Tomioka est l'un des onze villages les plus contaminés de la région. Partout, des sacs pleins de déchets radioactifs s'entassent. Trois villages devraient bientôt accueillir des sites pour stocker tous ces débris, explique LibérationNICOLAS DATICHE / SIPA
712
Cela ne rebute toujours pas Naoto Matsumura, 53 ans. Depuis le tsunami, cet agriculteur refuse de quitter la zone interdite autour de Fukushima et s'occupe, seul, de ses 50 vaches, de ses deux chats, de son chien et de ses deux autruches.  GUILLAUME BRESSION / IRSN / AFP
812
Autour de Fukushima, la nature reprend ses droits. Ce centre sportif abandonné, à Namie, se retrouve peu à peu recouvert par la végétation. DAMIR SAGOLJ / REUTERS
912
Parfois, rien n'a changé depuis 2011, comme cette station-service de Tomioka, photographiée le 5 mars 2014. GUILLAUME BRESSION / IRSN / AFP
1012
Les employés ne sont pas assez nombreux pour achever les travaux de décontamination, dont la fin était prévue en mars. Les travaux vont finalement se poursuivre, comme ici à Naraha, à 20 km de la centrale. ISSEI KATO / REUTERS
1112
Cette ambiance fantomatique déprime les habitants restants. "On n'a rien à léguer à nos enfants : le terrain ne vaut plus un sou. Les jeunes partent", s'attriste un restaurateur de Minami-Soma dans Le Monde MAXPPP
1212
Cela ne va pas s'arranger. Quelque 30 000 habitants, vivant dans des logements provisoires, pourront regagner la zone d'ici à 2016. Mais selon une enquête réalisée fin 2013, la majorité des sinistrés ne le souhaitent pas. KYODO / REUTERS