Un Jubilé des migrants au Vatican

Quelque 5.000 migrants sont attendus à Rome le 17 janvier 2016. Ils ont été invités par le pape François à traverser la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre pour la 102e Journée mondiale des migrants et des réfugiés. Le souverain pontife avait lui-même ouvert cette porte jubilaire, le 8 décembre 2015, inaugurant une Année sainte de la miséricorde.

Le pape François ouvre la Porte Sainte à l\'occasion de l\'ouverture de l\'Année Sainte catholique (Jubilé), dans la basilique Saint-Pierre, au Vatican, le 8 décembre 2015.
Le pape François ouvre la Porte Sainte à l'occasion de l'ouverture de l'Année Sainte catholique (Jubilé), dans la basilique Saint-Pierre, au Vatican, le 8 décembre 2015.

C'est un rite qui remonte au Moyen-Age. Franchir une porte sainte pendant une année jubilaire permet au croyant, selon l’Eglise catholique, d’obtenir une «grâce plénière» pour le pardon de ses pêchés. Toutes les basiliques importantes de Rome possèdent leur Porte sainte, murée en dehors de l'Année Sainte.

Réunis le 17 janvier autour de la fameuse croix de Lampedusa (île sicilienne), les migrants participeront tout d'abord à l'Angelus du pape. «Sous le regard et la protection de la croix de Lampedusa, les migrants confieront à Dieu, riche de miséricorde, le parcours et les souffrances de tant de leurs frères et sœurs réfugiés fuyant la guerre et les désastres environnementaux», a expliqué Mgr Giancarlo Perego, le directeur général de la fondation Migrantes. 


Réalisée avec le bois des bateaux de migrants, cette croix avait été bénie par le pape François, le 9 avril 2014, et portée depuis en pèlerinage à travers toute l'Italie, dans les paroisses, monastères, hôpitaux et prisons.

Une fois entrés dans la basilique Saint-Pierre, les migrants pourront assister à une messe à leur attention célébrée par le cardinal italien Antonio Maria Vegliò, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants.

Hosties fabriquées par des détenus
Les hosties ont été fabriquées par trois détenus de la prison de haute sécurité d'Opera, au sud de Milan. «Les hosties, qui naissent de mains ayant tué et qui seront consacrées à Saint-Pierre, témoignent que le besoin d'être sauvé par l'amour du Christ touche chaque homme et pas seulement ceux qui purgent une peine de prison», a tenu à préciser Migrantes.

Près d’un mois après le lancement du Jubilé de la miséricorde, on est loin des 10 millions de pèlerins attendus par les autorités italiennes. «On voit les mêmes gens à la même époque que l’an dernier, ni plus ni moins», constate un vendeur de souvenirs interrogé par l’AFP souhaitant garder l’anonymat.

Par rapport à décembre 2014, le nombre des fidèles ayant assisté aux différentes cérémonies pontificales (audiences du mercredi, messes et Angelus du dimanche) a chuté d’environ 30% passant à 324.000 personnes contre 461.000 l’année précédente, selon la préfecture du Vatican. 

Jubilé «local» 
Lors du précédent Jubilé en 2000, près de 150 pèlerins franchissaient toutes les minutes la porte de la basilique Saint-Pierre tandis que plus de 32 millions de pèlerins arpentaient la Ville éternelle. 

L’autre raison de la désaffection des pèlerins à Rome, outre la peur des attentats (après ceux de Paris le 13 novembre 2015), s’explique par le caractère «local» de ce Jubilé. François a, en effet, souhaité l’ouverture de plusieurs portes saintes dans le monde, afin de dispenser les fidèles d’un pèlerinage dans la Ville éternelle.


Avant même le lancement officiel de l'Année Sainte, Jorge Mario Bergoglio avait ouvert la Porte sainte de la cathédrale de Bangui en Centrafrique, fin novembre 2015. Et ailleurs, des milliers d'autres Portes saintes ont été ouvertes dans des cathédrales, des sanctuaires, des camps de réfugiés et des prisons.

Pour le premier voyage de son pontificat, le pape s’était rendu, le 8 juillet 2013, sur l’île de Lampedusa, au large de la Sicile, porte d’entrée en Europe de migrants africains. Et n'a cessé depuis de plaider leur cause.