Législatives en Israël : trois questions sur le casse-tête politique qui s'annonce après les résultats très serrés des élections

Le Likoud et Kahol Lavan obtiennent tous deux 32 sièges. Les deux partis politiques vont devoir s'entendre afin de dégager une majorité à la Knesset.

Le Premier ministre israélien prononce un discours face à des militants du Lijoud, le 18 septembre 2019 à Tel-Aviv (Israël).
Le Premier ministre israélien prononce un discours face à des militants du Lijoud, le 18 septembre 2019 à Tel-Aviv (Israël). (JACK GUEZ / AFP)

Pour l'instant, les électeurs israéliens sont toujours dans l'attente après la tenue d'élections législatives anticipées cruciales pour l'avenir de Benyamin Nétanyahou. Alors que 92% des bulletins ont été dépouillés mercredi 18 septembre, l'égalité est parfaite entre le Likoud de l'actuel Premier ministre et le mouvement Kahol Lavan de son grand rival Benny Gantz.

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Ce cas de figure ouvre la voie à des négociations serrées entre les différentes formations du pays. En effet, chacun des deux rivaux va devoir tenter de convaincre le président qu'il est le mieux placé pour former une coalition. Le chef de l'Etat devrait ensuite donner sa réponse la semaine prochaine.

Quels sont les résultats de ce scrutin ?

Comme on pouvait s'y attendre, Israël n'est pas beaucoup plus avancée sur l'identité de son prochain Premier ministre, mercredi 18 septembre, au lendemain des législatives. Après le dépouillement de 92% des bulletins, le Likoud, parti dont est issu Benyamin Nétanyahou, obtient 32 sièges. Il est à égalité avec le parti centriste Kahol Lavan de Benny Gantz, ancien chef d'état-major de l'armée. Les deux formations sont donc bien loin des 61 sièges nécessaires pour dégager une majorité au Parlement. Elles devront donc composer des alliances.

Derrière ces deux forces politiques, les partis arabes obtiennent 12 sièges, devant le parti nationaliste Israël Beitenou de l'ancien ministre Avigdor Lieberman (9 sièges), les partis de droite orthodoxe Shass (9 sièges) et UTJ (8). En queue de peloton, la formation d'extrême droite Otzma Yehudit a recueilli 3,25% des voix et n'a obtenu aucun siège.

Pour ce deuxième scrutin en cinq mois, la participation était en hausse, atteignant 63,7%, précise Le Monde, soit 2,4 points de plus qu'en avril dernier et 1,3 de plus qu'en 2015. Il faut encore attendre le dépouillement des votes de soldats et les résultats complets devraient tomber jeudi, ajoute Libération.

Comment ont réagi les principaux partis ?

Les deux principaux camps n'ont rien concédé. Dans son discours prononcé vers 3h30 du matin, Benyamin Nétanyahou a annoncé qu'il attendait les résultats officiels, mais qu'il était à nouveau prêt à former une coalition. "Dans les prochains jours, nous entamerons des négociations en vue de l'établissement d'un gouvernement sioniste fort", a déclaré l'actuel Premier ministre israélien. Ces discussions ne seront pas menées avec les partis arabes, malgré leur score important.

Il ne peut pas y avoir de gouvernement qui s'appuie sur des partis arabes antisionistes.Benyamin Nétanyahou

Lors de la soirée électorale du scrutin du 9 avril, les chefs de Kahol Lavan avaient déclaré leur victoire trop tôt. Cette fois, Benny Gantz n'a pas commis la même erreur. Il a simplement annoncé qu'il avait déjà commencé à négocier et qu'il comptait parler avec "tout le monde". "Ce soir commence l'entreprise de réparation de la société israélienne, a-t-il réagi. L'unité et la réconciliation sont devant nous."

Que va-t-il se passer désormais ?

Le président israélien Reuven Rivlin va recueillier les intentions des leaders des différents partis durant plusieurs jours. Il confiera ensuite la tâche de former un nouveau gouvernement à celui qui semble avoir le plus de chances de constituer une majorité solide. Le chef de l'Etat hébreu a déjà annoncé qu'il n'y aurait pas de troisième élection.

Tous les regards se tournent donc vers l'ex-ministre de la Défense Avigdor Lieberman, déjà qualifié par certains médias de "faiseur de roi". Le leader du parti nationaliste Israël Beitenou a déjà été allié au Likoud, mais il a décidé de ne pas soutenir Benyamin Nétanyahou cette fois.

Avigdor Lieberman a d'ores et déjà annoncé que les deux grands partis n'avaient pas d'autre choix que de se joindre à lui dans une grande coalition laïque d'union nationale. Son souhait est donc de siéger à la fois avec Kahol Lavan et le Likoud débarrassé de l'influence des partis juifs ultra-orthodoxes et des partis arabes.

Le leader d\'Israël Beitenou Avigdor Lieberman lors d\'un discours à Jérusalem, le 17 septembre 2019.
Le leader d'Israël Beitenou Avigdor Lieberman lors d'un discours à Jérusalem, le 17 septembre 2019. (JALAA MAREY / AFP)

Benny Gantz aura du mal à former une coalition sans le Likoud, mais il refuse de s'associer avec Benyamin Nétanyahou, en raison des démêlés judiciaires du Premier ministre dans trois affaires de corruption. "Je pense que nos collègues du Likoud doivent se montrer raisonnables, et lui indiquer la sortie", a estimé Yoel Razvozov, un député de Kahol Lavan, sur RFI.