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"Notre fils n’est ni comploteur, ni espion, ni malfaiteur" : un rassemblement de soutien aux sept otages français en Iran organisé à Paris

Sept Français sont détenus dans les prisons iraniennes. Le ministère des Affaires étrangères français demande à l'Iran de mettre fin à sa "politique d’otages d'État".
Article rédigé par Julie Pietri
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Louis Arnaud, 35 ans, a été arrêté le 28 septembre 2022 alors qu'il était en visite en Iran. (AFP PHOTO / FAMILY HANDOUT)

Un rassemblement en soutien aux Français détenus en Iran a lieu samedi 28 janvier à Paris. Le rendez-vous est donné dans l'après-midi au Trocadéro à 14 heures. Le Quai d’Orsay a appelé encore, cette semaine, l’Iran à la fin de sa "politique d’otages d'État", et à la libération de tous les otages.

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Au total, ce sont une quarantaine d’Européens, qui sont détenus en Iran. Ils sont sept otages français et depuis cette semaine, on connaît l’identité de six d’entre eux. Un nouveau nom a été dévoilé : Louis Arnaud, 35 ans. Ce sont ses parents, après des mois de silence, qui ont décidé de parler de leur fils "grand voyageur, en plein tour du monde", disent-ils. Il a traversé l’Italie, la Grèce, la Turquie, la Géorgie, l’Arménie, avant de se rendre en Iran début septembre. Quinze jours environ après son arrivée, la jeune Mahsa Amini est tuée. De puissantes manifestations anti-régime se déclenchent dans le pays. Il fait partie des trois Français arrêtés dans ce contexte. 

"Il n’a pris part à aucune manifestation, ni exprimé d’idées hostiles à l’Iran."

Des proches de Louis Arnaud  

Louis Arnaud est placé en détention depuis fin septembre dans la sinistre prison d’Evin, à Téhéran. Connue pour la dureté de ses conditions de détention.  "Un emprisonnement arbitraire, injustifié", dénonce le Quai d’Orsay qui demande sa libération immédiate. Les parents de Louis Arnaud assurent que leur fils "n’est ni comploteur, ni espion, ni malfaiteur".  

Des conditions de détention extrêmement dures

Les sept otages français ne sont pas tous emprisonnés au même endroit. Quatre sont à Evin, à Téhéran. Louis Arnaud donc, mais aussi Fariba Adelkhah, une anthropologue franco-iranienne qui a été arrêtée pour espionnage en 2019. Cécile Kohler aussi, professeur de lettres, syndicaliste, arrêtée avec son compagnon Jacques Paris en mai 2022.  Elle a été placée longtemps à l’isolement, puis dans une cellule avec d’autres détenus. Le couple est apparu dans une vidéo dans laquelle ils reconnaissaient, tous deux avoir travaillé pour les services secrets français. Un mensonge, clairement, disent leurs proches et le Quai d’Orsay.

Autre détenu français : Benjamin Brière. Ce trentenaire  a été condamné à huit  ans de prison pour "espionnage et propagande contre le régime". Il est accusé par les Iraniens d’avoir pris des photos de zones interdites, dans un parc naturel avec un drone. "Il vit dans des conditions inhumaines après une parodie de procès", dénonce sa sœur à franceinfo samedi 28 janvier. 

"Aucun d'entre eux n'est un espion, n'a des réelles raisons d'être enfermé là-bas. Ce sont des otages et ce n'est pas dans une cour de justice que ça se joue. Ils sont tous détenus de manière très arbitraire, il n'y a pas de dossier, pas d'élément."

Blandine Brière, sœur d'un Français détenu en Iran

à franceinfo

Bernard Phélan, un Franco-irlandais, consultant pour un tour opérateur, est lui aussi emprisonné en Iran. Il est malade, fragile. Il a été placé, selon sa sœur, dans une cellule avec 16 personnes. Il n'y a pas de vitres aux fenêtres et des températures négatives la nuit. Tous ces Français sont détenus arbitrairement, tous sont des otages d’Etat, indique le ministère qui demande à l’Iran de faire cesser cette politique immédiatement. 

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