Iran : la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah condamnée à cinq ans de prison

Détenue en Iran depuis juin 2019, l'anthropologue était poursuivie pour "propagande contre le système" et "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale".

La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah, en 2012.
La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah, en 2012. (THOMAS ARRIVE / SCIENCES PO / AFP)

Elle écope de la peine maximale encourue. L'anthropologue franco-iranienne Fariba Adelkhah a été condamnée à cinq ans de prison, au terme de son procès à Téhéran, a annoncé son avocat samedi 16 mai. Arrêtée et détenue en Iran depuis juin 2019, cette spécialiste du chiisme était poursuivie pour "propagande contre le système" et "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale", des chefs d'accusations jugés grotesques par son comité de soutien en France. "Cette condamnation n'est fondée sur aucun élément sérieux ou fait établi et revêt donc un caractère politique", a réagi le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Fariba Adelkhah a la possibilité de faire appel. Détenue dans la prison d'Evine à Téhéran, cette spécialiste du chiisme âgée de 61 ans a toujours clamé son innocence. Son comité de soutien à Paris a dénoncé, samedi, le "processus opaque" dans lequel s'est déroulée la procédure judiciaire, l'apparentant au "procès de Kafka".

49 jours de grève de la faim

La chercheuse avait été très affaiblie par une grève de la faim de 49 jours entre fin décembre et février. Son avocat a indiqué récemment qu'elle souffrait d'une "maladie rénale, conséquence de (sa) grève de la faim". Elle demeure toutefois "extrêmement combative, lucide et déterminée", selon ses soutiens.

Cette condamnation intervient près de deux mois après la libération de son collègue et compagnon, Roland Marchal, arrêté en juin 2019 à l'aéroport de Téhéran alors qu'il venait lui rendre visite. Spécialiste de l'Afrique subsaharienne, Roland Marchal est, comme Fariba Adelkhah, chercheur au Centre de recherches internationales de Sciences Po Paris.

Les arrestations d'étrangers en Iran, notamment binationaux, souvent accusés d'espionnage, se sont multipliées depuis le retrait unilatéral en 2018 des Etats-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien et le rétablissement de dures sanctions américaines contre Téhéran.