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La Grèce refuse une proposition "absurde" de l'Eurogroupe sur son plan d'aide

Les ministres des Finances de la zone euro étaient réunis, lundi, à Bruxelles, pour tenter de trouver un compromis sur le plan d'aide à la Grèce.

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France Télévisions
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Des supporters du gouvernement grec manifestent devant le Parlement, le 16 février 2015, à Athènes (Grèce), après un refus des autorités d'accepter une proposition de l'Eurogroupe sur le plan d'aide à la Grèce. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

Athènes ne veut pas céder face aux exigences de ses partenaires de la zone euro. Les 19 ministres des Finances de la zone euro étaient réunis, lundi 16 février, à Bruxelles, à l'occasion d'une réunion de l'Eurogroupe consacrée à la Grèce. La rencontre s'est conclue de manière prématurée, après un nouveau refus de la Grèce de prolonger son actuel programme de redressement, dont le terme est fixé au 28.

Selon une source gouvernementale grecque, la proposition reprenait les conditions actuelles du plan de sauvetage de 240 milliards d'euros accordé par l'UE, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international en échange d'un programme drastique de réformes. Une proposition jugée "absurde" et "inacceptable", côté grec.

L'Eurogroupe adresse un ultimatum à la Grèce

Les Européens ont débuté la réunion en exigeant de leur homologue grec, Yanis Varoufakis, une demande d'extension de quelques mois du programme actuel, une façon pour eux de garder la main sur les réformes. Face au refus grec, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a lancé un ultimatum, en conférence de presse : "le prochain pas doit venir des autorités grecques (...) et au vu du calendrier, on peut utiliser cette semaine, mais c'est à peu près tout".

Jeroen Dijsselbloem a évoqué la possibilité d'une nouvelle réunion exceptionnelle des ministres des Finances de la zone euro, vendredi. "A condition que les Grecs demandent une extension et présentent une requête valable", souligne son entourage. L'Eurogroupe se montre donc intransigeant, comme l'indiquent ces deux journalistes basés à Bruxelles.

"Il n'y a pas d'alternative à la prolongation du programme, a renchéri le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. Nous allons continuer le dialogue cette semaine".

"Nous ne demanderons pas d'extension"

De son côté, le gouvernement grec veut en terminer avec le "mémorandum" actuel et propose à la place un programme de réformes assoupli, sans les mesures jugées les plus antisociales. "Nous ne demanderons pas d'extension" du plan d'aide, a répété le ministre grec, après la rencontre.

"Je n'ai aucun doute que dans les prochaines 48 heures, l'Europe va réussir à nous soumettre [un document] afin que nous commencions le vrai travail et mettions sur pied un nouveau contrat" pour la Grèce, a-t-il affirmé.

La situation semble bel et bien figée. Faute d'un accord rapide, la Grèce risque pourtant de se trouver à court d'argent, avec le risque à terme d'une sortie de l'euro. Elle ne peut emprunter qu'à des taux prohibitifs et doit faire face à d'importantes échéances de remboursement dans les mois à venir. Selon les analystes, elle pourrait toutefois survivre financièrement jusqu'à l'été mais avec des liquidités limitées.

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