Grèce : le parti néonazi Aube dorée, accusé d'être une organisation criminelle, devant la justice

Soixante-neuf accusés, dont 13 députés de ce parti, comparaissent devant la justice à partir de lundi.

Le leader d\'Aube dorée, Nikos Michaloliakos, arrêté par la police le 28 septembre 2013.
Le leader d'Aube dorée, Nikos Michaloliakos, arrêté par la police le 28 septembre 2013. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

Le parti néonazi Aube dorée est-il une organisation criminelle ? Soixante-neuf de ses membres comparaissent devant la justice, à partir du lundi 20 avril, qui doit déterminer si l'accusation est fondée. Le fondateur et dirigeant d'Aube dorée, Nikos Michaloliakos concentre l'attention en raison de son rôle prédominant dans le parti qu'il a créé dans les années 1980 et dont il n'a jamais lâché les rênes.

Pour l'accusation, Nikos Michaloliakos est aux commandes d'une "organisation criminelle" qui, depuis 2008, a déchaîné sa violence contre les étrangers et ses opposants politiques. La question de la légalité du parti, dont 13 des 17 députés sont jugés, apparaît en filigrane de l'audience. Nikos Machaloliakos défend sa formation comme étant "un mouvement nationaliste", un "parti politique légal".

Sections d'assaut, kalachnikov et musée du nazisme

Des mois d'enquête ont cependant révélé de nombreux documents photos et vidéos, des témoignages de repentis décrivant le fonctionnement des "sections d'assaut" du parti, leurs raids nocturnes à moto pour "casser de l'étranger", les camps d'entraînement à la campagne avec, au programme, le maniement de kalachnikov.

Au domicile du numéro 2 d'Aube dorée, Christos Pappas, la police avait découvert un véritable petit musée du nazisme, déclinant les croix gammées et portraits d'Hitler sur toutes sortes de supports. Mais "nous ne demandons pas la condamnation des accusés pour des motifs idéologiques, ce sont des faits qu'il faut juger, ceux de la vague de violence raciste qu'a connue le pays depuis 2008", insistent les avocats des parties civiles.