Que va faire Emmanuel Macron aux Pays-Bas, où il entame une visite d'Etat ce mardi ?

"C'est l'expression d'un rapprochement franco-néerlandais qu'il était temps de reconnaître", assure l'Elysée.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Emmanuel Macron et Mark Rutte, Premier ministre des Pays-Bas, lors d'une conférence de presse à La Haye (Pays-Bas), le 30 janvier 2023. (LUDOVIC MARIN / AFP)

A peine revenu de Chine, Emmanuel Macron se rend aux Pays-Bas. Il est attendu mardi 11 avril à Amsterdam, pour la première visite d'Etat d'un président français dans ce pays depuis 2000.

"C'est l'expression d'un rapprochement franco-néerlandais qu'il était temps de reconnaître", relève l'Elysée. Franceinfo détaille le programme du déplacement de deux jours d'Emmanuel Macron, accompagné pour l'occasion de huit membres du gouvernement.

Une rencontre avec le couple royal

Emmanuel et Brigitte Macron doivent arriver mardi matin à Amsterdam. Ils seront accueillis par le roi Willem-Alexander et son épouse, Maxima, lors d'une cérémonie accompagnée d'une revue des troupes.

Après une cérémonie de recueillement devant le monument national de la place du Dam, Emmanuel et Brigitte Macron doivent déjeuner avec le roi et la reine consort des Pays-Bas.

Un discours sur la souveraineté économique de l'Union européenne

Le chef de l'Etat doit prononcer mardi après-midi un discours sur la souveraineté économique et industrielle de l'Union européenne, à l'institut de recherche Nexus à La Haye. Emmanuel Macron défend notamment un plan d'investissements massifs dans l'industrie verte en Europe afin de répondre à celui lancé par Joe Biden. L'Union européenne s'inquiète aussi d'une trop grande dépendance vis-à-vis de la Chine dans certains secteurs économiques stratégiques.

"Nous ne voulons pas dépendre des autres sur les sujets critiques", a déclaré Emmanuel Macron dimanche dans le quotidien économique français Les Echos (article pour les abonnés). "Le jour où vous n'avez plus le choix sur l'énergie, sur la manière de se défendre, sur les réseaux sociaux, sur l'intelligence artificielle parce qu'on n'a plus l'infrastructure sur ces sujets, vous sortez de l'histoire pour un moment", a-t-il argué.

Un dîner d'Etat au château royal

Emmanuel et Brigitte Macron seront reçus au château royal mardi soir. Mais ils ne s'y rendront pas que tous les deux. La présidence française précise que "des invités supplémentaires, qui viennent plutôt du monde culturel" accompagneront le couple présidentiel.

La signature d'un "pacte pour l'innovation"

La signature d'un "pacte pour l'innovation" est prévue mercredi. A la clé : des coopérations dans les semi-conducteurs, la physique quantique et l'énergie. Le groupe français STMicroeletronics et l'entreprise néerlandaise ASLM, deux poids-lourds européens des semi-conducteurs, ont déjà des projets communs.

Emmanuel Macron doit visiter, mercredi, le laboratoire de physique quantique expérimentale de l'Université d'Amsterdam. La physique quantique, qui permet de démultiplier la puissance de calcul des ordinateurs, occupe une place importante dans cette visite d'Etat. Les Vingt-Sept prévoient d'ailleurs d'y investir sept milliards d'euros, "un montant supérieur à ce que font à la fois les Américains et la Chine", vante l'Elysée. "Mais aucun des pays européens tout seul ne réussira, on a besoin de collaboration, on a besoin des forces de chacun des acteurs", insiste Paris.

"La visite d'Etat va permettre de renforcer (..) les efforts conjoints pour rendre l'Europe plus forte, plus verte et plus sûre", abonde la maison royale des Pays-Bas. Mais si elle met l'accent, comme Emmanuel Macron, sur "l'autonomie stratégique européenne", l'équipe du souverain néerlandais insiste aussi sur la nécessaire préservation d'une "économie ouverte".

Des réunions de travail entre des ministres français et néerlandais

Huit membres de l'exécutif accompagnent Emmanuel Macron pour ce déplacement : Catherine Colonna, la ministre des Affaires étrangères, Laurence Boone, la secrétaire d'Etat en charge de l'Europe, Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique, Sylvie Retailleau, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, Roland Lescure, le ministre de l'Industrie, et Clément Beaune, le ministre des Transports.

Des consultations entre les membres des gouvernements français et néerlandais sont prévus mercredi. Au programme notamment figure la finalisation d'un accord de défense à l'horizon 2024. Mais ils doivent également aborder des sujets relatifs à la croissance durable, comme la filière des batteries, l'exploitation de l'hydrogène pour les transports ou encore le billet unique, à l'échelle nationale, pour utiliser les transports en commun.

Une délégation économique fait également partie du voyage. Il s'agit de grandes entreprises "qui ont un intérêt spécifique aux Pays-Bas ou qui sont, d'une façon ou d'une autre, très imbriquées avec les Pays-Bas", explique la présidence française. Cette dernière cite Air France-KLM, Euronext ou encore Engie. Les autres sont des entreprises impliquées dans l'innovation quantique.

Une conférence de presse avec le Premier ministre Mark Rutte

Emmanuel Macron achèvera sa visite mercredi par un entretien avec le Premier ministre Mark Rutte. Les deux hommes doivent donner une conférence de presse commune, l'occasion pour eux d'afficher leur bonne relation personnelle.

Les Pays-Bas, réputés plus libéraux et frugaux au sein de l'Union européenne, se sont aussi rapprochés d'autres partenaires européens depuis la sortie de l'UE de leur allié traditionnel, le Royaume-Uni. De son côté, Emmanuel Macron a renforcé les liens avec d'autres capitales, notamment Rome et Madrid, au-delà de l'axe traditionnel Paris-Berlin, d'autant que sa relation avec le chancelier Olaf Scholz reste à construire.

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