Naufrages de migrants en Méditerranée : les pistes de travail des dirigeants européens

Selon "The Guardian", qui s'est procuré un document exclusif, seule une minorité de réfugiés sera autorisée à rester sur le territoire européen.

Des migrants arrivent dans le port de Catane, en Sicile (Italie), le 23 avril 2015.
Des migrants arrivent dans le port de Catane, en Sicile (Italie), le 23 avril 2015. (ALESSANDRO BIANCHI / REUTERS)

Les dirigeants européens se réunissent jeudi 23 avril, dans l'après-midi, pour se prononcer sur les mesures d'urgence à adopter face à la crise des migrants en mer Méditerranée. Le Guardian (en anglais) s'est procuré un document confidentiel qui révèle les pistes envisagées par Bruxelles. Un brouillon qui diffère légèrement des dix propositions d'actions faites par la Commission européenne, mardi 21 avril.

Selon le quotidien britannique, "la vaste majorité de ceux qui survivent à la traversée et arrivent en Italie (...) seront renvoyés en tant qu'immigrés illégaux". Un nouveau programme de retour rapide, coordonné par l'agence européenne de contrôle des frontières, Frontex, doit être mis en place. Seuls 5 000 migrants pourraient ainsi bénéficier du programme de réinstallation dans les pays de l'UE, comme l'avait préconisé la Commission.

Le champ d'action de Triton restera le même

Le champ d'action des missions de contrôle et de sauvetage en Méditerranée, qui s'arrête à 50 kilomètres des côtes italiennes, a en revanche peu de chances d'être élargi, selon le Guardian. Le budget des opérations Triton et Poséidon sera en revanche doublé en 2016, afin "d'augmenter les possibilités de recherche et de sauvetage (...) de Frontex".

Pour lutter contre le nombre croissant de morts en mer Méditerranée et l'immigration illégale, Bruxelles compte "prendre des mesures systématiques pour identifier, capturer et détruire les bateaux avant qu'ils ne soient utilisés par les trafiquants", explique le quotidien britannique.

Une aide d'urgence supplémentaire doit être apportée à l'Italie, à la Grèce et à Malte pour faciliter la prise des empreintes digitales des réfugiés et leur prise en charge. L'UE compte par ailleurs renforcer son soutien à la Tunisie, à l'Egypte, au Soudan, au Mali et au Niger afin que ces pays contrôlent mieux leurs frontières et empêchent les migrants d'arriver jusqu'en Méditerranée.

Mesures insuffisantes ?

"Notre priorité immédiate est d'éviter que plus de personnes ne meurent en mer, précise l'ébauche de communiqué citée par The Guardian. Nous avons donc décidé de renforcer notre présence en mer, de lutter contre les trafiquants, d'empêcher l'immigration illégale et de renforcer la solidarité interne" de l'UE

Mais, pour le quotidien britannique, les mesures étudiées jeudi 23 avril ne suffiront pas à atteindre cet objectif, car le champ d'action des missions Triton et Poséidon reste limité. Une situation d'autant plus préocupante que l'Organisation maritime internationale (OMI) estime que 500 000 migrants pourraient tenter la traversée en 2015.