Vidéo Réfugiés afghans : face au "risque d'infiltration", la vigilance est "très forte" assure le directeur de l'Office d'immigration

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Si des talibans ou des terroristes ont tenté le passage, "on ne peut pas les renvoyer à Kaboul", convient Didier Leschi. "Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de poursuite judiciaire", ajoute-t-il.

"1 200" Afghans sont déjà arrivés en France "dans le cadre de huit vols", a indiqué Didier Leschi, directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, mardi 24 août sur franceinfo. "Bien sûr, il y a un risque d'infiltration" de proches de talibans parmi les personnes évacuées, a-t-il admis, alors qu'un homme rapatrié a été placé sous surveillance. Mais selon lui, il y a une "vigilance très forte" à Roissy où "les services spécialisés examinent chaque situation".

>> Afghanistan : le G7 se réunit mardi neuf jours après la chute de Kaboul. Suivez notre direct.

franceinfo : Combien d'Afghans sont arrivés en France depuis la prise de Kaboul par les talibans ?

Didier Leschi : 1 200 personnes sont arrivées dans le cadre de huit vols et nous attendons le neuvième vol en provenance de Kaboul, via Abou Dabi. Avec les équipes de l'Ofii, et d'autres partenaires, nous sommes toutes les nuits à l'aéroport de Roissy avec des traducteurs pour accueillir ces personnes. Elles sont encore des milliers à attendre et, tous les jours, il y a des personnes qui arrivent. C'est une opération particulièrement complexe. Grâce à l'ambassadeur et aux militaires présents, des rendez-vous sont donnés à l'extérieur de l'aéroport de Kaboul pour essayer d'évacuer des personnes qui ont des liens avec la France, qui ont servi la France.

"Ce n'est que parce que les talibans acceptent tout cela que c'est possible."

Didier Leschi, directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration

à franceinfo

C'est pour cela que la question de l'échéance du 31 août et de la présence ou non des armées américaines est fondamentale pour savoir si on pourra continuer ou pas à évacuer les personnes. C'est l'un des enjeux du sommet du G7.

Qui sont ces Afghans ? Tous risquent leur vie s'ils restent en Afghanistan ?

Il y a des personnes qui ont travaillé avec l'ambassade de France ou avec des ONG dont certaines peuvent être liées à la France. On a des personnes qui ont appartenu à l'ancienne administration du gouvernement afghan mais aussi des artistes, des journalistes, des personnes qui sont socialement, en raison de leurs fonctions, très en opposition aux talibans. On a beaucoup de familles et un tiers d'enfants. Tous estiment qu'ils risquent leur vie. C'est pour cela qu'ils essaient de partir et c'est particulièrement vrai pour les personnes qui avaient des positions fortes dans l'ancienne administration ou des personnes qui appartiennent aux élites sociales urbaines de ces villes : des femmes médecins, procureures, juges qui sont soucieuses de continuer à être elles-mêmes alors que les talibans considèrent que leurs métiers ne sont pas pour les femmes.

Y-a-t-il aujourd'hui un risque d'infiltration en France par les talibans, ou par les terroristes ?

Oui bien sûr, il y a un risque d'infiltration. C'est pour cela qu'il faut une vigilance très forte. À l'aéroport de Roissy, il y a des services spécialisés qui à chaque fois examinent chaque situation mais ce n'est pas nouveau. En 2015-2016, nous avions été confrontés, l'ensemble des pays d'Europe et en particulier l'Allemagne, à l'arrivée de personnes qui avaient de faux passeports syriens et donc il y a une vigilance qui s'exerce. 

"Il ne s'agit pas de dire que toute personne qui se réclame afghane ou en danger l'est. Il faut faire des vérifications."

Didier Leschi

à franceinfo

On ne peut pas renvoyer les personnes qui sont déjà parties à Kaboul, mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de poursuite judiciaire s'il s'avérait qu'elles ont commis des actes répréhensibles du point de vue de notre droit.

Est-ce que la France est à la hauteur de cette crise, est-ce qu'elle prend sa part depuis la chute de Kaboul ?

La France prend sa part depuis des années dans la demande d'asile afghane. On est un des principaux pays de la demande d'asile afghane depuis plusieurs années avec en moyenne 10 000 Afghans chaque année. Là, nous avons des profils différents car nous avions jusqu'à présent 90 % d'hommes avec une moyenne d'âge de 27 ans, aujourd'hui nous avons une population plus âgée et beaucoup plus mixte. La France prend sa part et elle continuera à le faire.

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