Migrants : ce qu'il faut retenir du mini-sommet de crise organisé à Bruxelles

Cette rencontre était organisée dans un contexte tendu, illustré par le bras de fer autour d'un navire transportant des migrants, le Lifeline, à qui l'Italie et Malte refusent l'accostage.

Emmanuel Macron à l\'issue du mini-sommet de crise consacré aux migrants organisé à Bruxelles (Belgique), dimanche 24 juin 2018.
Emmanuel Macron à l'issue du mini-sommet de crise consacré aux migrants organisé à Bruxelles (Belgique), dimanche 24 juin 2018. (ARIS OIKONOMOU / AFP)

Des avancées, mais "pas de plan détaillé posé sur la table", a déploré Emmanuel Macron. Les dirigeants de seize pays membres de l'Union européenne se réunissaient, dimanche 24 juin à Bruxelles, lors d'un sommet informel de crise pour évoquer les questions migratoires.

Cette rencontre était organisée dans un contexte tendu, illustré par le bras de fer autour d'un navire transportant des migrants, le Lifeline, à qui l'Italie et Malte refusent l'accostage. Franceinfo résume ce qu'il faut retenir de ce sommet.

Vers une coopération entre plusieurs Etats plutôt qu'un consensus à 28

La "solution européenne" défendue par Emmanuel Macron lors de ce sommet "se construira uniquement sur la cooperation entre les Etats membres de l'UE, que ce soit une coopération à 28 ou entre plusieurs Etats qui décident d'avancer ensemble", a ajouté le président français.

La chancelière allemande Angela Merkel a plaidé dans le même sens. Le sommet à 28, prévu les 28-29 juin à Bruxelles, "n'apportera pas encore de solution globale au problème des migrations et c'est pourquoi il faut aussi des accords bilatéraux ou trilatéraux dans l'intérêt mutuel", a-t-elle expliqué.

L'Italie plaide pour une plus grande solidarité des pays membres

L'Italie a présenté de son côté une liste de propositions pour répondre aux flux de migrants, dans laquelle elle préconise des "centres de protection internationaux" dans les pays de transit et prône davantage de financements pour aider les Etats d'Afrique qui combattent l'émigration illégale.

Ce document, présenté par le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte aux dirigeants européens, réclame une plus grande solidarité entre Européens et un partage du fardeau des pays en première ligne face à l'afflux de migrants.

"Nous ne pouvons pas tous les transporter en Italie et en Espagne. Il faut des centre de protection dans plus de pays européens pour sauvegarder les droits de ceux qui arrivent et éviter des problèmes d'ordre publics et de surpopulation", souligne le texte.

Un projet de "plateformes de débarquement" à l'étude, mais encore flou

L'idée de créer des "plateformes régionales de débarquement" des migrants secourus en mer, y compris hors de l'UE, a souvent été évoquée de manière isolée par certains Etats membres, mais elle est désormais à l'agenda officiel européen. Elle a ainsi été inscrite dans le projet de conclusions du sommet de l'UE prévu jeudi et vendredi à Bruxelles.

Le principe serait d'avoir des règles plus claires pour éviter les bras de fer diplomatiques pour chaque débarquement après une opération de secours et d'impliquer dans ce processus les pays d'Afrique du Nord. Selon l'AFP, l'objectif est d'envoyer "le message que monter dans un bateau ne garantira pas une arrivée en Europe".

Mais le projet reste encore flou, notamment concernant les cas où un navire transportant des migrants pourrait être renvoyé vers un pays tiers. Il soulève aussi des inquiétudes sur sa compatibilité avec le droit international.

Que ce soit dans des "plateformes de débarquement", ou dans d'éventuels centres à installer dans des pays de transit, plusieurs pays plaident pour pouvoir distinguer les migrants à refuser et les demandeurs d'asile à accepter, avant qu'ils ne traversent la Méditerranée. Certains parlent de "hotspots", reprenant le terme utilisé pour les centrés déjà créés en Italie et en Grèce.