Hautes-Alpes : des militants accusés d'avoir facilité l'entrée de migrants en France, les "sept de Briançon", relaxés en appel

En novembre 2018, ils avaient été condamnés à des peines de prison allant jusqu'à quatre mois fermes. Ils avaient participé à une manifestation au col de l'Echelle, en réponse à un rassemblement de Génération identitaire.

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Plusieurs des prévenus à la sortie du tribunal correctionnel de Gap (Hautes-Alpes) après leur jugement en première instance, le 13 décembre 2018. (MAXPPP)

L'affaire avait fait couler beaucoup d'encre, et avait vallu à ses acteur le surnom de "sept de Briançon". Jugés en appel et accusés d'avoir facilité l'entrée illégale en France de migrants, sept militants ont été relaxés par la cour d'appel de Grenoble (Isère), jeudi 9 septembre. En 2018, ils avaient été condamnés à des peines de prison à Gap (Hautes-Alpes).

Les prévenus faisaient partie d'un groupe de 200 manifestants qui avaient franchi le col de l'Echelle depuis l'Italie vers les Hautes-Alpes le 22 avril 2018, au lendemain d'une action anti-migrants du groupe d'extrême droite Génération Identitaire (aujourd'hui dissous) dans ce même lieu.

A l'audience, en mai, le ministère public a accusé les prévenus d'avoir facilité l'entrée en France d'une vingtaine de migrants ce jour-là, et d'avoir forcé un barrage de police. Il avait requis jusqu'à huit mois de prison avec sursis. Les mis en cause, eux, ont affirmé qu'ils ignoraient la présence de ces migrants dans la manifestaiton, et que le barrage n'avait été que contourné.

Aucune intention démontrée selon la cour

Dans son arrêt, la cour a estimé qu'il n'est "pas démontré" que la manifestation a été organisée "avec l'intention d'aider des étrangers à entrer irrégulièrement en France""De surcroît, seule une entrée irrégulière a été mise en évidence ce jour-là sans qu'il soit établi que les prévenus aient eu le moindre contact avec l'étranger concerné", a-t-elle ajouté.

En novembre 2018, cinq des militants (deux Français, une Italienne, un Suisse et un Belgo-Suisse) avaient été condamnés à six mois de prison avec sursis, et deux autres (tous deux français) à douze mois de prison dont quatre ferme, en raison de leur passé judiciaire. Tous ont été relaxés jeudi, mais l'un d'eux était également jugé pour "rébellion" et a été condamné à quatre mois de prison avec sursis.

"C'est un signal extrêmement fort pour tous ceux qui militent dans un cadre solidaire et humanitaire", s'est réjoui Me Vincent Brengarth, l'un des avocats de la défense.

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