Délai d'appel pour les demandeurs d'asile : dissensions chez les députés La République en Marche

Dans le cadre des discussions en commision sur le projet de loi "asile et immigration", les députés de La République en Marche ne partagent pas le même point de vue sur la question du délai d'appel pour les demandeurs d'asile. 

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franceinfo

La réduction du délai d'appel pour les demandeurs d'asile de 30 à 15 jours divise profondément les députés de la majorité présidentielle. Au sein de La République en Marche (LREM), il y a ceux qui sont pour, comme ce député qui accuse les associations de profiter d'un délai trop long : "Je sens bien aussi que dans certains associations il y a cette tentation, explique le député LREM de Saône-et-Loire Rémy Rebeyrotte, ça permet de gagner du temps, d'être un peu dans le flou, et au bout du compte de forcer un peu la main de l'administration".

"C'est la protection de l'asile qui est affaiblie"

Ces propos lui ont valu une réponse cinglante d'une députée de son propre parti : "Je refuse vos accusations stupides, estime la députée LREM de Haute-Garonne Sandrine Mörch, on n'est pas en train de parler d'administration mais de personnes humaines qui peut-être n'ont pas trois portables, qui peut-être n'ont pas accès aux mails, enfin je pense que ça vous dépasse un peu tout ça".

"Encore une fois, dans ce texte c'est la protection de l'asile qui est affaiblie, selon la députée LREM de la Manche Sonia Krimi. C'est toujours les plus fragiles, les plus traumatisés et les plus éloignés du droit". Pour apaiser ces tensions, un député de la majorité a tenté d'arrondir les angles. Et Matthieu Orphelin, député LREM du Maine-et-Loire, de questionner : "Ne peut-on pas trouver un compromis entre ces deux positions ? 21 jours ?"

Un homme venu du Soudan consulte son téléphone portable dans un centre d\'accueil et d\'orientation pour migrants, à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique), le 4 janvier 2017.
Un homme venu du Soudan consulte son téléphone portable dans un centre d'accueil et d'orientation pour migrants, à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique), le 4 janvier 2017. (LOIC VENANCE / AFP)