Crise franco-britannique : "Organiser une querelle avec la France peut être payant" pour les prochaines élections, selon un ancien ministre britannique

Des élections partielles très difficiles pour Boris Johnson s'annoncent au Royaume-Uni le mois prochain.

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Radio France
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Denis McShane, député travailliste britannique et ancien ministre britannique des Affaires étrangères. (MAXPPP)

"Tony Blair n'aurait jamais directement attaqué le président français sur des réseaux sociaux", ironise vendredi 26 novembre, sur franceinfo, l'ancien ministre britannique des affaires européennes Dennis MacShane. Après que Boris Johnson a diffusé sa lettre à Emmanuel Macron sur Twitter, les relations entre Londres et Paris se sont une nouvelle fois tendues. Selon l'ancien ministre, "le fait d'organiser une nouvelle petite querelle avec la France peut être payant" pour les prochaines élections qui s'annoncent "très difficiles pour Boris Johnson".

franceinfo : Emmanuel Macron estime que Boris Johnson ne se comporte pas sérieusement. Qu'en pensez-vous ?

Dennis MacShane : C'est pour le moins curieux. Lorsque j'étais ministre, pendant huit ans, nous avons eu de vrais désaccords avec le président Chirac, sur la vache folle, l'Irak, ou la politique agricole commune… Mais Tony Blair n'aurait jamais directement attaqué le président français sur des réseaux sociaux. Le problème, c'est que Boris Johnson a des problèmes au sein de son parti. Il leur a promis un Brexit radieux, avec un contrôle total et pas d'immigré mais la réalité est plus compliquée. Il y a des élections partielles très difficiles pour Boris Johnson le mois prochain, donc le fait d'organiser une nouvelle petite querelle avec la France peut être payant comme depuis 500 ans en Angleterre.

Rien n'a-t-il changé depuis la signature des accords du Touquet, en 2003, lorsque vous étiez ministre ?

Si, honnêtement, la jungle de Calais était très différente. Mais il y avait beaucoup plus d'immigrés illégaux il y a cinq ou dix ans. Maintenant l'accès à toute la Manche, c'est comme une base militaire. C'est très bien fait par la France et l'Angleterre. Nous devrions simplement coopérer plutôt que de chercher les unes des journaux en s'attaquant les uns les autres.

Comment sortir de cette crise franco-britannique ?

Peut-être en fermant sa "gueule"… Tous les pays européens sont concernés par des mouvements de masse d'immigrés. Si on fait de chaque mouvement de ces pauvres gens-là une crise politique intérieure, on ne trouvera jamais de solution. Il ne faut pas essayer d'en tirer profit comme M. Zemmour et Mme Le Pen qui, à quelques mois de la présidentielle en France, promettent de stopper toute immigration. Ce n'est pas très réaliste.

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