Affrontements entre migrants à Calais : "Ces violences se produisent très souvent", selon le syndicat SGP Police-FO

Gilles Debove, représentant du syndicat SGP Police-FO, s'est félicité, samedi sur franceinfo, de l'arrivée de deux nouvelles compagnies de CRS à Calais (Pas-de-Calais) alors que des violents affrontements ont eu lieu entre migrants.

Des migrants, pour certains armés de barre de fer et de bâtons, le 1er février 2018 à Calais (Pas-de-Calais).
Des migrants, pour certains armés de barre de fer et de bâtons, le 1er février 2018 à Calais (Pas-de-Calais). (MAXPPP)
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L'arrivée de deux nouvelles compagnies de CRS à Calais (Pas-de-Calais) est "forcément bienvenus", a estimé le représentant du syndicat  SGP Police-FO, Gilles Debove, samedi 3 février sur franceinfo, après les violents affrontements entre migrants. Jeudi soir, plusieurs rixes ont éclaté causant vingt-deux blessés, quatre Érythréens sont encore entre la vie et la mort, samedi matin. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a appelé les candidats à l'immigration à ne plus venir dans cette ville qualifiée de "mur" et de "mirage".

franceinfo : Le ministre de l’Intérieur s’est rendu à Calais, il a annoncé l’arrivée de deux nouvelles compagnies de CRS. Selon vous, est-ce que cela sera suffisant ?

Gilles Debove : Pour mémoire, ces violences se produisent très souvent. Déjà, au mois de novembre, nous avons eu un règlement de comptes par armes à feu entre passeurs afghans et kurdes. Ce sont des évènements qui peuvent intervenir à n’importe quel moment de la journée. Ces renforts sont donc forcément les bienvenus pour assurer une sécurisation d'autant plus importante sur les secteurs brûlants de la périphérie de Calais.

Les réseaux de passeurs sont-ils responsables des violences sur le terrain, comme l’estime le ministre de l’Intérieur ?

Nous, les policiers, parlons d’avantage de "guerre de territoire", car il n’y a pas vraiment de filières de passeurs chez les Éthiopiens et les Érythréens. Par contre, il y en a chez les Afghans et les Kurdes évidemment. 24 filières ont été démantelées par les hommes de la Brigade mobile de recherche de la police des frontières, l’an dernier, contre 20 en 2016 et 15 en 2015. Donc oui, il y a une évolution. Les passages sont de plus en plus difficiles et ce marché est un marché particulièrement juteux pour ces mafias.

Certains migrants dénoncent des tentes éventrées. Est-ce que vos collègues sur le terrain ont parfois des difficultés avec ces ordres ?

Que l’on soit clair concernant ces tentes lacérées, je me pose la question : à qui profite le crime ? Je ne vois pas l’intérêt pour mes collègues de produire ces faits. Généralement, ces tentes sont abandonnées lors d’un démantèlement qui, je le précise, ne se produit jamais la nuit. Effectivement, des migrants prennent la fuite et abandonnent sacs de couchage et tentes. Ces sacs de couchage et tentes ont été pris en charge par la voierie pour éviter la pollution des sites. Désormais, les associations peuvent venir récupérer ces tentes. Je pense que cela évitera de jeter l’opprobre sur mes collègues et de ne plus entendre ses calomnies.

Comment sortir de cette situation selon vous ?

Je pense qu’il est temps d’inviter sciemment les migrants qui se trouvent à Calais, qui vivent dans des conditions très difficiles, à rejoindre les centres d’accueil. Cela évitera de les voir dans des situations difficiles. Des solutions sont proposées, à eux de les accepter.