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Témoignage Guerre en Ukraine : "Dans chaque famille il y a des membres qui habitent de l'autre côté", témoigne une Ukrainienne réfugiée en Russie

Roxana, Ukrainienne qui vit dans la région du Donbass, s'est réfugiée en Russie pour fuir la guerre qui sévit depuis jeudi. Son fils, lui, se cache dans la région de Donetsk pour éviter d'être enrôlé dans l'armée. Elle témoigne sur franceinfo.  

Article rédigé par Jérôme Jadot
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Dans une rue de Krasnogorivka, près de Donetsk (Ukraine), le 22 février 2022. Illustration (ALEKSEY FILIPPOV / AFP)

Dans l'est de l'Ukraine, les forces pro-russes tentent vendredi 25 février de gagner du terrain face à l'armée ukrainienne. C'est une des zones dans lesquelles les combats sont intenses. En parallèle, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a décrété la mobilisation générale et le rappel des réservistes sous 90 jours dans toutes les régions pour faire face aux troupes de Moscou. 

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Dans ce contexte, certains habitants de la République autoproclamée de Donetsk – territoire séparatiste dont Moscou vient de reconnaître l'indépendance – ont préféré fuir. C'est le cas de Roxana*, qui est partie en Russie. Son fils âgé d'une vingtaine d'années se cache lui dans la région de Donetsk, pour éviter d'être enrôlé.
>>> Son témoignage est à écouter en bas de cette page.

franceinfo : Comment êtes-vous partie en Russie ? 

Roxana : J'ai quitté la région de Donetsk il y a deux jours, grâce aux bus qui évacuaient des femmes, des enfants et des personnes âgées. C'est la peur qui domine : il y aura peut-être des combats, des tirs. J'ai déjà vécu [le conflit avec les séparatistes pro-russes en] 2014, je sais ce qu'est la guerre.

Avez-vous des nouvelles de vos proches qui sont restés dans la région de Donetsk ?

Ceux qui habitent aux environs de Donetsk me parlent de tirs. Ça se déroule en général dans la nuit. Il y a du bruit, des tirs de mitraillette et, parfois, le bruit de choses – peut-être plus lourdes – qui tombent. C'est très inquiétant. Mon fils se cache car il ne veut pas être mobilisé et partir à la guerre.

"Les hommes de 18 à 55 ans ne peuvent pas traverser la frontière et quitter la région. Ils doivent devenir militaires et participer à cette guerre. Or, la plupart de ces gens n'ont jamais tenu une mitraillette."

Roxana

à franceinfo

C'est le cas de votre fils ?

Oui. Je ne sais pas par quoi tout ça va se terminer. Il y a des slogans politiques, on parle des territoires mais, dans chaque famille, il y a des enfants. Dans chaque famille, il y a des hommes. Quand ces garçons vont à la guerre, ce n'est pas facile pour leur famille. Ils peuvent être tués. Les familles sont divisées. Chaque famille a ses membres qui habitent de l'autre côté. Ce peut être ton cousin ou ton frère mais tu seras obligé de tirer. Pour moi, c'est stupide.

La Russie a décidé de reconnaître l'indépendance des républiques séparatistes. Comment le vivez vous ?

On a reconnu l'indépendance et la guerre a commencé – ou plutôt recommencé. C'est peut-être bien ou ce n'est peut-être pas bien, je ne sais pas.

*Le prénom a été modifié.

Guerre en Ukraine : écoutez le désarroi de Roxana (propos recueillis par Jérôme Jadot)

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