"On se concentre sur les générateurs" : à l'approche de l'hiver en Ukraine, l'inquiétude dans le QG européen de l'aide humanitaire

Le Centre de coordination de la réaction d’urgence de l’Union européenne situé à Bruxelles fournit depuis février abris, nourriture, véhicules ou aide médicale aux Ukrainiens.

Article rédigé par
Angélique Bouin - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une employée du Centre de coordination de la réaction d'urgence (ERCC)à Bruxelles, le 29 janvier 2020 (ARIS OIKONOMOU / AFP)

Dans la salle de crise sous le mur d'écrans géants s'affichent des cartes, des statistiques et six horloges qui indiquent l'heure locale dans différents points du globe. Depuis bientôt neuf mois l’une d’elle est réglée sur Kiev. Les experts qui travaillent ici consacrent à l'Ukraine l'essentiel de leur temps. "C'est vraiment l'opération la plus importante, explique Hans Das, le directeur des opérations d'urgence, la plus complexe et la plus longue jamais menée à la Commission européenne."

"On a reçu des demandes d'assistance de l'Ukraine dès le mois de février et depuis on a envoyé 75 000 tonnes de matériel sur place."

Hand Das

Directeur des opérations d'urgence

Avec l'intensification des bombardements en Ukraine et l'approche de l'hiver, les besoins en aide humanitaire vont s'accroître. Près de 18 millions d'Ukrainiens ont besoin d'assistance. Depuis février dernier, les Européens leur envoient des abris, de la nourriture, de l'aide médicale ou technique pour réparer ou remplacer les infrastructures critiques. Tous les besoins, identifiés par Kiev sont étroitement coordonnées à Bruxelles par le Centre de coordination de la réaction d'urgence de l'Union européenne, un centre opérationnel qui fonctionne 24 heures sur 24. 

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En plus des envois de matériel, le centre a aussi coordonné l'évacuation de plus de 1 500 blessés ou malades et leur transfert dans des hôpitaux européens. Mais à l’approche de l’hiver avec la destruction systématique par Moscou des infrastructures électriques et le conflit qui dure, les besoins évoluent. "En ce moment on se concentre beaucoup sur les générateurs, indique Hans Das, l'Europe en a déjà envoyé 500 en Ukraine. On se mobilise aussi sur une assistance plus spécialisée, on a des ponts mobiles, des ambulances." Cinquante bus scolaires ont même été envoyés pour transporter les enfants vers les écoles qui ne sont pas détruites !

Une solidarité sans faille 

Les équipes échangent quotidiennement avec Kiev. Jeudi 17 novembre au matin, les premiers flocons de neige apparaissent dans la capitale ukrainienne raconte une de leur collègue, jointe en visio. Elle coordonne localement l’aide humanitaire. Cette entrée dans l’hiver l’inquiète beaucoup car les besoins risquent d'être immenses. L’aide est fournie par les États membres et une part du budget européen. "On encourage les États membres à mobiliser assez de ressources pour faire face à cette augmentation annoncée des besoins, souligne Janez Lenarcic, le Commissaire européen à la gestion de crises supervise ce centre. La solidarité est depuis le début de la guerre sans faille insiste-t-il mais il va falloir faire plus. "Ces besoins peuvent aussi concerner les États membres eux-mêmes, car il ne faut pas exclure une augmentation des réfugiés en lien justement avec ces conditions qui s'aggravent en Ukraine." L’aide européenne va à l’Ukraine mais aussi aux pays frontaliers qui accueillent les réfugiés.

"On se concentre sur les générateurs" : à l'approche de l'hiver en Ukraine, l'inquiétude dans le QG européen de l'aide humanitaire - le reportage d'Angélique Bouin
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