Guerre en Ukraine : "Je retrouve ma famille française", 53 enfants ukrainiens accueillis à Aix-en-Provence

Les 53 enfants et plusieurs femmes ukrainiennes sont arrivés en France par un bus affrété par l'association Les amis des enfants de la région de Rivne, créée juste après l'accident nucléaire de Tchernobyl. 

Article rédigé par
Olivia Chandioux - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Les retrouvailles entre les réfugiés ukrainiens et les familles qui les accueillent en France, à Aix-en-Provence le 6 mars 2022. (OLIVIA CHANDIOUX / RADIOFRANCE)

Plus d'1,5 million de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de la guerre et certaines ont trouvé refuge en France. Samedi 5 mars, un bus est arrivé près d’Aix-en-Provence avec à son bord 53 enfants et plusieurs femmes. Un transfert organisé par une association locale : "Les amis des enfants de la région de Rivne", une ville ukrainienne proche de Tchernobyl. L’association, créée peu après la catastrophe nucléaire de 1986, organise depuis des séjours en France pour les enfants ukrainiens. C'est donc tout naturellement qu'elle s’est mobilisée pour affréter ce bus.

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Le dernier rayon de soleil de la journée accueille les réfugiés ukrainiens en cette fin d'après-midi. Après trois jours de voyage, les femmes, enfants et adolescents descendent du bus et découvrent les familles françaises qui vont les héberger. Anastasia, 13 ans, est venue seule. Toute sa vie tient dans un petit sac à dos rose. "Je suis soulagée d’être arrivée, le voyage a été très long, confie l'adolescente, Je suis triste car ma famille est restée en Ukraine, mais en même temps je retrouve ma famille française."

Vika retrouve elle aussi la France. L’adolescente de 15 ans a fui l'Ukraine avec sa mère. "C’est la cinquième fois que je viens ici. Mais d’habitude c’est en tant que visiteuse, en tant qu'invitée, explique-t-elle. "Cette fois je ne sais pas combien de temps cela va durer. Et puis c’est dur pour ma mère qui a dû laisser mon père partir se battre…" La jeune fille serre dans ses bras Patrick, le retraité d’Aix-en-Provence qui l’a accueillie lors de ses précédentes visites. Il est soulagé que Vika soit arrivée à destination. "Nous étions en contact avec elle tous les jours par WhatsApp et elle nous a appelés au secours, raconte-t-il, Nous n'étions absolument pas sûrs que l'association puisse effectuer un voyage."

C'est tellement important, à l'époque où nous vivons, avec l'égoïsme ambiant, d'essayer de faire quelque chose pour les aider.

Patrick, retraité aixois

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Émilie attend, un peu à l’écart du bus. Plus tôt, grâce aux dons, elle a récupéré des vêtements pour le petit garçon de 9 ans qui va rester chez elle. Il est accompagné de sa tante, enceinte de 7 mois, qui accouchera donc en France. "Nicole, la présidente de l'association, m'a dit : 'On t'a choisie parce que tu es auxiliaire de puériculture, donc cette maman sera bien entre tes mains' donc je vais faire de mon mieux", explique la jeune femme avec un sourire. "Nous n'avons pas grand-chose à offrir mais notre maison va peut-être leur permettre de souffler, de dormir, de se reposer et de se reconstruire à un minimum." À peine arrivé, le bus reprend déjà la route. Direction l’Ukraine pour récupérer 150 autres enfants et leurs familles.

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