Crise ukrainienne : pour la majorité de la population russe, les Etats-Unis sont responsables de la montée des tensions

Alors que des pourparlers ont lieu vendredi entre la Russie et les États-Unis sur la situation en Ukraine, la population moscovite défend l'amitié avec les Ukrainiens et rejette l'idée d'une guerre.

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Radio France
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La page d'accueil du site du quotidien russe Komsomolskaïa Pravda, le 21 janvier 2022.  (CAPTURE D'ECRAN)

Une rencontre probablement pas décisive mais sous haute tension s'est tenue à Genève, vendredi 21 janvier, à propos de la situation de l'Ukraine, où le conflit entre séparatistes pro-russes et armée ukrainienne connaît un regain de tension.

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, et Anthony Blinken, son homologue américain, ont échangé sur les exigences des Russes. Moscou souhaite en effet des garanties juridiques que l'Otan n'intègrera pas l'Ukraine en son sein mais aussi qu'aucune arme stratégique ne sera placée à la frontière entre les deux pays et qu'aucune manœuvre militaire n'aura lieu. 

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La Russie assure qu'elle prendra les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité si elle n'obtient pas ces garanties. De son côté, Washington accuse Vladimir Poutine de vouloir lancer une attaque militaire sur l'Ukraine, ce que Moscou dément.

Le peuple russe, lui, est majoritairement opposé à une guerre, selon les études d'opinion. Et dans les rues de Moscou, la population met en avant sa proximité avec les "frères" ukrainiens. "Nous n'avons que des bons sentiments envers les Ukrainiens. IIs sont comme des frères et je pense qu'en aucun cas nous ne leur déclarerons la guerre", assure ainsi Maria, une septuagénaire moscovite. 

De nombreux Russes ont un attachement pour l'Ukraine. D'ailleurs, 28% d'entre eux y ont de la famille, y ont étudiés ou y sont sont nés. "J'ai beaucoup de membres de ma famille en Ukraine. On se parle souvent et sans problème", raconte ainsi Nikita. "Évidemment, avec la propagande de nos gouvernements, nous pouvons avoir des divergences mais on évite d'en parler et ça se passe bien."

Les États-Unis désignés comme responsables

L'opinion publique n'est néanmoins pas totalement déconnectée du discours du Kremlin. "Il n'est pas exclu que les Américains soient derrière ça", affirme Igor. Comme lui, l'immense majorité désigne les États-Unis comme responsables de la crise. "Ils tirent les ficelles là-bas parce que, sinon, l'Ukraine a toujours été un peuple ami." Le pouvoir russe n'aurait en revanche que peu à gagner d'un conflit puisque seuls 16% des Russes auraient une meilleure opinion de Vladimir Poutine en cas de guerre.

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