Le maire de Venise arrêté dans le cadre d'une vaste affaire de corruption

Lancée il y a trois ans, l'enquête aurait permis de mettre au jour une caisse noire alimentée par un système de fausses factures et de pots-de-vins, dans le cadre de l'attribution de marchés pour le chantier Moïse, des digues flottantes censées protéger la ville.

Le maire de Venise (Italie), Giorgio Orsoni (Parti démocrate, gauche), le 15 février 2014.
Le maire de Venise (Italie), Giorgio Orsoni (Parti démocrate, gauche), le 15 février 2014. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

Nouveau scandale politico-financier en Italie. Trente-cinq personnes, dont le maire de Venise, ont été interpellées mercredi 4 juin dans le cadre d'une vaste enquête pour corruption et blanchiment d'argent en relation avec le système Moïse, selon les médias italiens. Cet immense chantier, qui mobilise une cinquantaine d'entreprises sur près de 20 km dans la lagune de Venise, consiste à installer 78 digues flottantes géantes pour protéger la ville des inondations, notamment lors des tempêtes. Le chantier devrait être terminé en 2016.

Lancée il y a trois ans par le parquet de Venise, l'enquête aurait permis de mettre au jour une caisse noire alimentée par des fonds provenant d'un système de fausses factures et de pots-de-vin, dans le cadre de l'attribution des marchés pour ce chantier. Près de 20 millions d'euros auraient ainsi été détournés et versés sur des comptes à l'étranger, à destination de partis politiques. 

Des personnalités de droite et de gauche mises en cause

Une centaine de personnes sont impliquées dans cette affaire. Parmi les personnes arrêtées mercredi à l'aube, figurent l'actuel maire de VeniseGiorgio Orsoni (Parti démocrate, gauche), des chefs d'entreprise, des hommes politiques de tous bords, et un ancien général. Le parquet de Venise a également requis l'arrestation de l'ancien gouverneur de Vénétie (1995-2010) Giancarlo Galan, ancien ministre de l'Agriculture, puis de la Culture de Silvio Berlusconi, et aujourd'hui sénateur de Forza Italia (droite).